Mes plus belles mauvaises herbes

Publié le par Annick Boidron

Il suffit parfois de modifier un peu l'environnement et l'on voit s'installer au jardin toute une diversité de plantes indigènes qui, semble-t-il, n'attendaient que ça.

Nous essayons de les conserver. Elles constituent une source de nourriture et un refuge pour les animaux. Ce sont aussi, très souvent, des plantes médicinales ou comestibles et délicieuses.

Certaines sont aussi très décoratives. Celles-là, je les laisse volontiers dans les parterres où elles font grand effet. Je vous en présente quelques-unes, en fleurs pour le moment.

La mauve musquée

Son feuillage découpé est élégant et elle fleurit très longtemps. Les fleurs, roses plutôt que mauves, s'associent bien avec des feuillages plus foncés comme, ici, un sédum aux feuilles pourpre.

Mes plus belles mauvaises herbes
Mes plus belles mauvaises herbes

C'est une plante qui est bourrée de qualités. Les jeunes pousses, très douces et croquantes sont excellentes en salade. Les fleurs sont très efficaces en tisane contre la toux. (Ce n'est pas un truc que j'ai lu, je l'utilise régulièrement). Essayez aussi de goûter ses graines. Mes parents les appelaient des "petits fromages" : elles en ont un peu la forme, sinon le goût.

Mes plus belles mauvaises herbes
L'épilobe en épis

Elle pousse spontanément autour de la mare. Elle est belle, c'est indéniable. Mais elle n'est pas que ça : selon José du Jardin de Pomone, ses jeunes pousses seraient très bonnes, cuisinées comme des asperges. J'ai essayé. Pour moi, c'est moyen. Mais je ne sais peut-être pas bien m'y prendre.

Mes plus belles mauvaises herbes

Elles sont visitées par de nombreuses abeilles.

Vous avez remarqué les pelotes de pollen gris ?

Vous avez remarqué les pelotes de pollen gris ?

La molène noire

Quand les digitales jaunes sont fanées, ce sont les molènes noires qui apportent leur verticalité.

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Je ne comprends pas pourquoi on leur a donné le nom de "noires" alors qu'elles sont jaunes. C'est peut-être lié à une croyance selon laquelle les sorcières en faisaient des mèches pour les bougies qui servaient à leur activités maléfiques. Son autre nom est : "cierge maudit" ! Tout un programme...

Sa fleur aux étamines violettes semble pourtant bien inoffensive.

 

Mes plus belles mauvaises herbes
Un truc pour les pêcheurs ?

En faisant des recherches sur la molène noire, j'ai  trouvé cette définition dans le "supplément au dictionnaire de l'Académie Française" de 1885 :

Astoure : fruit de la molène noire, avec lequel on peut enivrer les poissons dans les étangs.

J'ai retrouvé cette information dans d'autres sources, comme par exemple, dans l' "Encyclopedie Methodique Agriculture Tome Cinquieme" qui date de 1813.

C'est peut-être un truc intéressant à essayer pour les pêcheurs mais je ne suis pas certaine que ce soit bien légal !

Plus anodin, mais sans doute plus utile : la molène a, comme la mauve, la réputation de calmer la toux. Je n'ai jamais essayé.

La reine des prés

Chaque année en été, mes parents pataugeaient dans les prairies humides de la région afin de récolter des fleurs de reine des prés. Une fois celles-ci séchées, ils s'en servaient pour faire une tisane sensée lutter contre les rhumatismes. C'est vrai qu'ils ont eu beaucoup d'autres problèmes de santé, mais peu de rhumatismes !

Mes plus belles mauvaises herbes

Dans le jardin, elles sont apparues en premier lieu, et logiquement, au bord de la mare. Mais quelques graines se sont échappées jusqu'au carré où poussent les hélianthis. Avec plus de deux mètres de haut, la plante est assez impressionnante.

Mes plus belles mauvaises herbes

La reine des prés attire également les insectes, parmi lesquels de nombreux syrphes. Ces mouches à allure d'abeilles sont très précieuses pour le jardinier puisque leurs larves se nourrissent de pucerons !

Mes plus belles mauvaises herbes

L'eupatoire chanvrine

Celle dont j'oublie toujours le nom. Elle commence seulement à fleurir, je me contenterai donc de vous la montrer en boutons.

On l'appelle chanvrine parce que ses feuilles font penser à celles du chanvre (pensez à la célèbre feuille du cannabis). Cette plante, elle aussi, lorsqu'elle est épanouie, attire les insectes.

Mes plus belles mauvaises herbes

Le coquelicot

Arrivés aussi "par leurs propres moyens", les quelques coquelicots qui fleurissaient chaque année au jardin restaient pâlichons et chétifs. En 2016, ils ont pris de l'assurance... et des couleurs. Ils sont maintenant en fin de floraison, prêts à laisser leurs graines se répandre alentour pour la prochaine saison.

Mes plus belles mauvaises herbes

Ceci termine mon petit tour des mauvaises herbes. Si vous vous demandez pourquoi j'utilise obstinément cette expression ("mauvaise herbe"), devenue politiquement incorrecte, peut-être comprendrez-vous mieux en écoutant cette chanson de Georges Brassens.

Publié dans Fleurs, jardin d'agrément

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berthille 12/09/2016 13:50

La photo avec les coquelicots est magique !

Sylviane 18/07/2016 22:43

Belles photos!

Hanna 18/07/2016 20:05

Comme c'est joli! Et utile! J'ai plein de plantes que je ne connais pas dans mon jardin laissé à l'abandon depuis plusieurs années, avez-vous un ouvrage ou un site de référence qui pourrait m'aider à les reconnaître? Merci!

Annick Boidron 18/07/2016 20:41

Coucou Hanna. Il y a ce site qui est très pratique (http://abiris.snv.jussieu.fr/flore/flore.php ) sinon, il y a la fameuse flore de Bonnier. Bonnes découvertes dans ton jardin abandonné

Ivette 18/07/2016 18:31

J'adore j'adore je partage!

Annick Boidron 18/07/2016 20:41

Merci d'adorer et merci pour ton ptg (smile !)