Des boutures de lavande

Publié le par Annick Boidron

Chaque année, je bouture quelques brins de lavande avec plus ou moins de succès. Et puis, d'une année à l'autre, j'oublie comment je m'y étais pris. Cette fois, c'est différent : grâce à ce blog, je vais noter les différentes étapes suivies.  Avant de commencer, je vous présente mes boutures 2015. C'était une bonne année : j'ai obtenu presque 100% de réussite.

Boutures réalisées en 2015

Boutures réalisées en 2015

Au printemps 2016,  j'ai repiqué ces boutures enracinées dans des pots individuels et puis je les ai oubliées dans un coin à l'ombre, sous l'arbre aux faisans. Quand je dis "oubliées", ce n'est pas une figure de style puisque je viens de les retrouver ! Bon, elles ont survécu, mais n'ont pas beaucoup poussé. Ce n'est rien, je vais les planter au jardin, dans mon talus au sud, où je sais qu'elles se plairont.

Mais trêve de blablas ! C'est parti pour les boutures 2016 :

Le choix du pied-mère

J'ai choisi de bouturer une petite lavande qui a le bon goût de fleurir une deuxième fois en cette fin d'été. Je ne sais pas si c'est un caractère héréditaire, mais si c'en est un, mes boutures devraient présenter les mêmes qualités. On verra !

Le plan de lavande bouturé cette année

Le plan de lavande bouturé cette année

Prélever les boutures

L'idéal est de choisir des tiges qui n'ont pas fleuri : leur extrémité est verte et souple, mais leur base est brun clair et plus cassante, un peu comme du bois. Je la coupe le plus bas possible, pour avoir de longues boutures.

L'idéal est de trouver un rameau comme celui-ci et de le couper à la base

L'idéal est de trouver un rameau comme celui-ci et de le couper à la base

Ne pas laisser dessécher

Le problème avec les boutures, c'est qu'elles ne doivent jamais sécher. Aussi je les mets tout de suite tremper dans un petit pot d'eau (d'autres les placent dans un sac en plastique).

Les boutures dans l'eau dès leur prélèvement

Les boutures dans l'eau dès leur prélèvement

Un milieu bien humide, surtout au début

Je fais tremper le pot rempli de substrat à l'avance. Ainsi, je pourrai y placer les boutures au fur-et-à-mesure de leur confection : elles n'auront pas le temps de sécher. Le substrat est composé pour moitié de terre du jardin et pour moitié d'un mélange sable + gravier

Le pot en terre et le substrat en train de s'imbiber

Le pot en terre et le substrat en train de s'imbiber

La préparation des boutures

J'essaye toujours de garder les boutures les plus longues possible. Je laisse donc les rameaux entiers, sans les raccourcir. En général, on conseille de couper juste sous un œil, mais chez les lavandes, les yeux sont très nombreux et serrés : on est toujours sous un œil !

La bouture avant préparation

La bouture avant préparation

J'enlève les feuilles du bas en ne laissant qu'un petit toupet au sommet, puis j'enlève un peu d’écorce sur la partie qui sera enterrée. Je trouve que ça favorise l'enracinement. Mais attention !  Il ne faut jamais enlever l'écorce sur tout le pourtour de la tige, sinon le peu d'eau que celle-ci réussira à absorber n'arrivera pas dans les feuilles et la bouture mourra.

Bouture préparée

Bouture préparée

En pot sans attendre

Dès qu'une bouture est prête, je l'enterre jusqu'aux premières feuilles le long de la paroi du pot. Selon mes observations, plus la partie enterrée est longue, plus les chances de reprise sont grandes.

Les boutures plantées dans le pot : le long de la paroi

Les boutures plantées dans le pot : le long de la paroi

Limiter la transpiration

J'ai coupé les extrémités des feuilles : cela réduit l'évaporation. En coupant également le bourgeon terminal, tout au bout de la tige, je favorise le développement de rameaux latéraux. La plante sera plus compacte. Cette étape, indispensable, peut aussi être réalisée après l'enracinement ou même lors de la plantation.

Je coupe la tête des boutures dans l'espoir qu'elles se ramifient

Je coupe la tête des boutures dans l'espoir qu'elles se ramifient

Limiter l'évaporation... encore !

Une épaisse couche de graviers conservera l'humidité dans le pot tout en laissant passer l'air. Les graviers empêchent la terre d'être dérangée quand on arrose et ils limitent la germination des graines qui se trouvent inévitablement dans la terre non-stérile que j'emploie.

Du gravier en surface pour conserver l'humidité et faciliter l'arrosage

Du gravier en surface pour conserver l'humidité et faciliter l'arrosage

Dernière étape : j'ai enterré le pot dans le sol de la serre.

Pourquoi dans la serre ? Pas pour la chaleur mais pour éviter que mes boutures soient noyées par les pluies qui ne vont probablement pas tarder. En même temps, le fait d'enterrer le pot empêchera un dessèchement trop rapide du substrat.

Les boutures de lavandes s'enracinent aussi très bien à l'extérieur dans un pot placé sous un arbuste persistant où elles seront protégées des fortes pluies sans pour autant risquer un dessèchement total.

Le pot de boutures enterré dans la serre où il restera tout l'hiver

Le pot de boutures enterré dans la serre où il restera tout l'hiver

Pourquoi un pot en terre

D'habitude, j'emploie des pots en plastique pour mes boutures. Ils conservent mieux l'humidité mais ne "respirent" pas. Pour les plantes méditerranéennes, je préfère un pot en terre car l'air passe à travers les parois et il me semble que ça limite la prolifération des moisissures. Bon, j'avoue que c'est purement intuitif !

Rendez-vous au printemps pour voir les résultats !

Publié dans Boutures, Fleurs

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catherine 02/10/2016 14:32

moi aussi je découvre ton blog aujourd'hui et j'y trouve des pépites, je m'inscris!
une belle découverte,
je vais pratiquer ces boutures de lavandes, j'ai un peu de chances avec les boutures..

françoise gouffault 20/09/2016 02:15

bonjour je découvre votre blog ! super le détail de bouturage ,moi je fais très simple pour tout bouturage, j'ai un coin à l'ombre à peu près dans un coin du potager derrière la serre de légumes je pique direct e terre c'est un coin où j'arrose régulièrement et va comme j'te pousse s ça pousse c'est bien sinon tanpis...mais je suis très loin des 100% de réussite...merci de m'avoir fait penser à bouturer les lavandes ! à bientôt

Annick Boidron 20/09/2016 07:21

Bonjour et merci pour votre commentaire. Je viens d'aller voir votre blog : sublime ! C'est vrai que parfois, faire simple, c'est pas plus mal car on n'a pas forcément besoin de 100% de réussite. Et d'ailleurs, même en faisant compliqué, rien n'est jamais garanti non plus ! :-)
Bonne journée

Nicol Cahen 18/09/2016 17:05

Heureuse de me souvenir de toi.
Bises. N

Annick Boidron 18/09/2016 18:25

heureuse que tu te souviennes de moi. bises aussi

Annick Boidron 18/09/2016 13:52

Si tu veux, mais ce ne sera pas avant le printemps prochain. Ou alors, tu fais à ta mode et on compare les résultats.

Ivette 18/09/2016 10:27

Que fais-je?????J'attends de savoir si tes résultats sont bons..? :-)