Notre haie : comme un air de forêt dans le jardin

Publié le par Annick Boidron

Quand nous arrivés aux quatre moineaux, il y a une trentaine d'années, le terrain déjà  était entouré d'une longue haie d'arbres indigènes. Autrefois, celle-ci était taillée. Mais les derniers propriétaires l'avaient laissée pousser à sa guise depuis des années. Nous y avons à peine touché. Au début, c'était plutôt par paresse ou par manque de temps. Mais aujourd'hui, sous aucun prétexte, nous ne voudrions la couper. J'aurais énormément de choses à dire à son propos... et je vais en dire énormément, sans toutefois épuiser le sujet !

Autour du champ des chèvres

Il y a au moins 100 mètres de haie en tout. Elle entoure le champ des chèvres et de l'âne sur trois côtés.
Il y a au moins 100 mètres de haie en tout. Elle entoure le champ des chèvres et de l'âne sur trois côtés.
Il y a au moins 100 mètres de haie en tout. Elle entoure le champ des chèvres et de l'âne sur trois côtés.

Il y a au moins 100 mètres de haie en tout. Elle entoure le champ des chèvres et de l'âne sur trois côtés.

Et derrière la maison

La haie longe aussi l'arrière de la maison. Autrefois, elle séparait celle-ci des pâtures. Quand nous nous sommes installés, tout le monde s'attendait à ce que nous la coupions : "C'est sombre, c'est humide et c'est sale". On pensait comme ça à l'époque. Mais la réalité est tout autre :

La "haie" derrière la maison.

La "haie" derrière la maison.

Située du côté Nord, elle ne produit pas d'ombre et le microclimat qu'elle crée nous a permis d'implanter des fougères et d'autres plantes parfaitement adaptées à cet environnement. Sans en avoir la preuve formelle, je pense aussi que toutes ces racines plongeant dans le sol absorbent l'eau qui, autrement, ruissellerait vers la maison située en contrebas.

Les troncs des arbres témoignent par leurs formes tourmentées de l'ancienne technique du plessage utilisée par nos ancètres pour rendre les haies infranchissables.

Les troncs des arbres témoignent par leurs formes tourmentées de l'ancienne technique du plessage utilisée par nos ancètres pour rendre les haies infranchissables.

Quant à la "saleté", c'est une question de point de vue : je trouve le tapis de feuilles mortes plutôt esthétique. Quand elles commenceront à se décomposer, nous les ramasserons pour en faire un précieux terreau de feuilles.

C'est sale, ça ? Question de point de vue.

C'est sale, ça ? Question de point de vue.

Un refuge pour la vie sauvage

Dans notre haie, il y a de la vie en permanence : pendant la journée, c'est un ballet constant d'oiseaux qui, selon les saisons, y construisent leurs nids ou s'y nourrissent de baies et d'insectes. La nuit, les chauves-souris prennent le relais, et chassent entre les branches : il y a toujours quelque chose à regarder.  De notre côté, nous faisons tout ce que nous pouvons pour encourager la vie sauvage.

Nous nourrissons les oiseaux en hiver, surtout pour le plaisir de les observer. Les plantes à feuillage persistant comme les houx ou le lierre leur permettent de se mettre à l'abri rapidement en cas d'attaque.

Nous nourrissons les oiseaux en hiver, surtout pour le plaisir de les observer. Les plantes à feuillage persistant comme les houx ou le lierre leur permettent de se mettre à l'abri rapidement en cas d'attaque.

Nous ne sommes pas les seuls amateurs d'oiseaux !

Nous ne sommes pas les seuls amateurs d'oiseaux !

Un peu partout, des tas de branchages ou de matières organiques constituent autant d'abris pour les petits animaux.

Un peu partout, des tas de branchages ou de matières organiques constituent autant d'abris pour les petits animaux.

Dans la mesure du possible, s'ils ne constituent pas un danger, nous ne coupons pas les arbres morts : cette aubépine au centre de l'image se décompose petit à petit et fournit de la nourriture aux sittelles et aux pics. Un noisetier pousse à ses pieds et atteint déjà la moitié de sa hauteur. Il le remplacera progressivement.

Dans la mesure du possible, s'ils ne constituent pas un danger, nous ne coupons pas les arbres morts : cette aubépine au centre de l'image se décompose petit à petit et fournit de la nourriture aux sittelles et aux pics. Un noisetier pousse à ses pieds et atteint déjà la moitié de sa hauteur. Il le remplacera progressivement.

Même s'il est assez fréquenté, l'hôtel à insectes n'est probablement pas indispensable. Il constitue plutôt un élément décoratif.

Même s'il est assez fréquenté, l'hôtel à insectes n'est probablement pas indispensable. Il constitue plutôt un élément décoratif.

De la mousse et des lichens recouvrent les plus vieux troncs : les oiseaux y trouvent de la nourriture et des matériaux pour construire leur nid.

De la mousse et des lichens recouvrent les plus vieux troncs : les oiseaux y trouvent de la nourriture et des matériaux pour construire leur nid.

Au sol, se développe une végétation spontanée intéressante comme ces fougères ou, au printemps, un tapis d'ail des ours.

Au sol, se développe une végétation spontanée intéressante comme ces fougères ou, au printemps, un tapis d'ail des ours.

Il y a aussi pas mal de champignons.

Il y a aussi pas mal de champignons.

Entre ces plantes spontanées, j'ai inséré des plantes d'ombre à l'allure naturelle qui ajoutent un peu de variété comme ces sceaux de Salomon aux feuilles panachées.

A feuilles panachées à gauche ou indigènes à droite : en automne on ne remarque pas vraiment la différence !A feuilles panachées à gauche ou indigènes à droite : en automne on ne remarque pas vraiment la différence !

A feuilles panachées à gauche ou indigènes à droite : en automne on ne remarque pas vraiment la différence !

Du bois de chauffage et des perches à haricot

Il est probable qu'une meilleure gestion de la haie nous permettrait de produire suffisamment du bois de chauffage pour que nous puissions (presque) nous passer de mazout. Mais cela demanderait trop de temps. N'empêche que nous disposons d'assez de bois pour alimenter la cheminée et faire de bonnes flambées en hiver. Par ailleurs, toutes les perches à haricot, tuteurs, etc... proviennent de la haie.

De quoi faire de bonnes flambées dans la cheminée en hiver.

De quoi faire de bonnes flambées dans la cheminée en hiver.

Si j'ai besoin de rames à haricots, d'une petite barrière pour des plantes qui s'affaissent ou d'un support pour les asperges, pas besoin de courir bien loin : il suffit de se servir dans la haie.Si j'ai besoin de rames à haricots, d'une petite barrière pour des plantes qui s'affaissent ou d'un support pour les asperges, pas besoin de courir bien loin : il suffit de se servir dans la haie.
Si j'ai besoin de rames à haricots, d'une petite barrière pour des plantes qui s'affaissent ou d'un support pour les asperges, pas besoin de courir bien loin : il suffit de se servir dans la haie.

Si j'ai besoin de rames à haricots, d'une petite barrière pour des plantes qui s'affaissent ou d'un support pour les asperges, pas besoin de courir bien loin : il suffit de se servir dans la haie.

Et encore bien d'autres avantages

Les branches des arbres fournissent de l'ombre aux poules, aux chèvres et à notre âne Séraphin

Les poules aiment chercher des insectes dans les feuilles mortes et les chèvres adorent grignoter les feuilles qui sont à leur portée.Les poules aiment chercher des insectes dans les feuilles mortes et les chèvres adorent grignoter les feuilles qui sont à leur portée.

Les poules aiment chercher des insectes dans les feuilles mortes et les chèvres adorent grignoter les feuilles qui sont à leur portée.

Et pour nous, en cette saison, c'est un plaisir de marcher dans les feuilles mortes et dans des odeurs de sous-bois. On se croirait dans la forêt.Et pour nous, en cette saison, c'est un plaisir de marcher dans les feuilles mortes et dans des odeurs de sous-bois. On se croirait dans la forêt.Et pour nous, en cette saison, c'est un plaisir de marcher dans les feuilles mortes et dans des odeurs de sous-bois. On se croirait dans la forêt.

Et pour nous, en cette saison, c'est un plaisir de marcher dans les feuilles mortes et dans des odeurs de sous-bois. On se croirait dans la forêt.

Les espèces :

La base de la haie est constituée de charmes, d'aubépines et de noisetiers. On y trouve aussi des sureaux, des pruneliers, des houx, l'un ou l'autre petit chêne, un pommier sauvage, un bouleau (pour la sève). Un épicéa qui produit de nombreux cônes appréciés des oiseaux. Il sent merveilleusement bon quand il fait chaud. Du lierre et des chèvrefeuilles spontanés grimpent sur la plupart des arbres. Nous y avons planté des rhododendrons et un laurier cerise. Ce n'était pas une bonne idée : ces plantes détonnent un peu. Cependant, comme les moineaux y dorment, nous les laissons. Et puis, il y a le merisier : un arbre énorme, au double tronc, qui penche dangereusement. D'ici peu, un élagueur professionnel viendra le couper.

Dommage pour le merisier, mais il est devenu trop dangereux.

Dommage pour le merisier, mais il est devenu trop dangereux.

Une haie comme celle-ci ne coûte pas un centime et demande très peu d'entretien. C'est une richesse inestimable. Je ne comprends pas pourquoi certains, encore aujourd'hui, les arrachent et les remplacent par des haies de thuyas ou autres plantes exotiques sans âme et sans vie... quand ce n'est pas par une clôture métallique !

J'espère que, comme moi,  vous avez tous passé un bon week-end. Bonne soirée

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lejardindedwige.fr 10/11/2017 10:01

Bonjour Annick,
Une bien jolie balade autour de chez toi au travers du blog, ce style de haie n'est malheureusement pas possible chez nous, notre terrain est mitoyen avec celui de trois voisins mais qui sait peut-être déménagerons nous un jour...

Florence de Jardinsmerveilleux 30/10/2017 17:23

Tu es beaucoup plus ainsi en communion avec la nature Annick ! Ne change rien !!! Comme toi je ne vois pas l'intérêt de ramasser tout de suite les feuilles dans la cour, et dans le jardin je ne les ratissent pas. Cela fait partie du cycle normal des arbres et les feuilles qui jonchent le sol, cela n'heurte pas du tout mon regard. De plus, il y a bien assez de travail au jardin

Annick Boidron 01/11/2017 12:13

Je vois que nous avons la même philosophie. Les feuilles sur la pelouse se décomposent et au printemps, on ne les voit plus. En attendant, les vers de terre et autres bestioles en ont bien profité etle sol aussi. Pourquoi pedre son temps en travaux inutiles ?

michel 30/10/2017 08:59

Ton jardin est le meilleur remède pour les gens qui souffrent d'hypertension ! (Pas de problème particulier de prédation pour tes poules ?)

Annick Boidron 01/11/2017 12:11

Oh si, nous avons des problèmes de prédation. Les renards, les fouines, les rapaces. Mais nous nous défendons de mieux en mieux et ça fait un an que nous n'avons plus eu de perte (un poule attaquée et tuée par un rapace). Mais nous les enfermons tous les soirs et pour les soirs où nous sommes "de sortie", nous avons une partie volière grillagée de tous les côtés (sol y compris). Bon, je croise les doigts...

claudine 29/10/2017 20:32

Quel plaisir de te lire et quel enrichissement ! J'ai déposé chez Christine les boutures demandées . Ces plantes peuvent atteindre 80cm à 1m . Je ne me souviens plus du nom mais je vais faire des "recherches" ! Bisous à vous deux !

Annick Boidron 01/11/2017 12:08

Hello Claudine. Je viens de voir ton commentaire. Merci pour les plantes, je les ai bien reçues...en pots en plus ! Je t'ai envoyé un message sur FB. A bientôt et bisous

Nonette 29/10/2017 19:27

Quelle merveilleuse nature préservée ! Il ne manque que les odeurs à ce joli post. J'adore, j'adore. Merci et belle soirée

Annick Boidron 29/10/2017 20:03

Tu as parfaitement raison : il manque les odeurs...mais on peut imaginer ! Merci à toi aussi

catherine 29/10/2017 18:23

je suis tout à fait de ton avis, notre jardin est également entouré de haies, variées, que mon mari taille plus ou moins haut en fonction de la vue sur le voisinage, et au fond du jardin il y a le sous bois prolongé par notre forêt, et je te prie de me croire que la vie y est bien développée! un plaisir de s'y promener, de s'y attarder, d'écouter les oiseaux et cerise sur le gâteau, la vue sur la mer au bout de la forêt...
bravo pour tes billets, je te lis avec tant de plaisir à chaque fois!
bises du sud de chez toi

Annick Boidron 01/11/2017 12:17

UN bout de mer, c'est déjà bien ! Bisous

catherine 31/10/2017 11:26

c'est un bout de mer, LOL, pas une vue panoramique! et les billets sur mon voyage vont arriver, je n'ai pas regardé les photos encore :-P

Annick Boidron 29/10/2017 20:09

Rhaaaaaaaaaa ! une forêt avec vue sur mer... Je ne doute pas un instant que la vie y soit bien développée ! Si j'étais un oiseau, c'est là que je m'installerais. Et merci pour tes commentaires, c'est une vraie joie pour moi de les recevoir... A quand les articles sur le Japon ? Je trépigne ! Bonne soirée Catherine

Sylvaine 29/10/2017 17:39

Vous avez bien raison de conserver cette belle haie d'arbres.
Elle est bénéfique aux oiseaux, à toute une petite faune du jardin.
Pour le merisier, vous pourriez peut-être le faire corder, comme l'est notre bouleau au marronnier ?
Bonne soirée

Annick Boidron 29/10/2017 20:12

Je pense qu'il est trop tard pour sauver le merisier, nous avons fait appel à un spécialiste et son verdict est sans appel. Bon, ça fera plaisir aux voisins car il faut bien avouer que cet arbre les condamne à l'ombre tous les matins. Je serai triste quand même. Bonne soirée Silvaine.

Ivette 29/10/2017 17:36

Tu connais la haie de hêtres ,énorme,200 ans....à la XScaille plus exactement près du gîte de la ferme Jacob?????

Annick Boidron 29/10/2017 20:12

Bé non, je ne connais pas. Mais je connaîtrai...