Des nouvelles : les piments hivernés à l'intérieur

Publié le par Annick Boidron

Souvent, je vous parle d'une expérience ou d'un essai de culture. Je termine l'article par "on verra bien", ou une expression du même genre... et j'oublie d'en reparler. Mais je vais essayer de me rattraper. Pour commencer, parlons un peu de ces plants de poivrons qui ont passé l'hiver dans la maison. Voici l'article que j'écrivais à leur propos en janvier dernier :

Hé bien, ça s'est pas mal passé ! On commence par qui ? Allez, par le plus grand pour changer un peu.

Le piment malgache de Michel (Alias Epimedium)

Il en aura mis du temps pour démarrer. Pendant l'hiver, il est resté bien vert mais a peu évolué. Et puis soudain, au printemps, il s'est mis à pousser et il n'a pas fait les choses à moitié.

PLant de piment malgache hiverné dans la maison
Début mars
piment malgache à l'intérieur début mai (les autres plants sont des piments "padron").
Début mai (les autres plants sont des piments "padron).

 

Depuis une dizaine de jours, le grand piment malgache a pris ses quartiers d'été dans la serre... il fait beaucoup plus clair dans la maison !

Le tout petit plant de piment malgache mesure maintenant plus d'un mètre de haut !
Le tout petit plant de piment malgache mesure maintenant plus d'un mètre de haut !

 

Quand on y regarde de plus près, on s'aperçoit que ses branches sont recouvertes d'une multitude de mini-piments qui ne demandent qu'à grandir et à rougir. Enfin, j'espère.

jeunes fruits de piment malgache
Si tous les piments mûrissent, on va pouvoir en faire de l'huile piquante !

 

Notez que Michel (Epimédium) , dans les commentaires de l'article cité ci-dessus, m'avait bien prévenue qu'à Madagascar, ces piments se récoltaient lors de la deuxième année de culture. Comme j'ai bien fait de le rentrer cet hiver !

Mon deuxième essai était un peu différent : le piment malgache a toujours poussé en pot, ce qui simplifie les choses. Mais j'ai aussi tenté d'hivernation dans la maison, d'un autre plant de poivrons qui lui, était planté en pleine terre dans la serre :

Le mini-poivron d'ortie-culture

Celui-ci non plus, je ne connais pas son nom exact. C'est un plant qui reste de taille plus modeste, c'est pourquoi j'ai pu facilement le transférer en pot avant de le rentrer. Lui aussi se porte bien, même s'il a toujours un petit air flappi.

Dans la serre depuis un mois, le mini-poivron en pot porte une dizaine de fruits mûrs et quelques autres encore verts.

Dans la serre depuis un mois, le mini-poivron en pot porte une dizaine de fruits mûrs et quelques autres encore verts.

Dès la fin du mois de février, il s'est mis à fleurir et, très rapidement, les premiers petits poivrons sont apparus.Dès la fin du mois de février, il s'est mis à fleurir et, très rapidement, les premiers petits poivrons sont apparus.

Dès la fin du mois de février, il s'est mis à fleurir et, très rapidement, les premiers petits poivrons sont apparus.

Le petit piri-piri

A ces deux plants, je dois ajouter un troisième larron, c'est le petit piment piri-piri ramené de Porto en novembre. En forme, lui aussi, il porte quelques fruits encore jaunes.

Avant (novembre 2017) et après (aujourd'hui).Avant (novembre 2017) et après (aujourd'hui).

Avant (novembre 2017) et après (aujourd'hui).

Le bilan

Pour moi, le résultat est concluant. Sans aucun doute, d'autres poivrons, triés sur le volet, auront-ils le privilège de passer l'hiver prochain dans mon salon.

Quelques observations

Il serait très tentant de "les sauver tous". Mais il y a un problème... de taille : je n'ai pas assez de place. De plus, comme plusieurs personnes l'ont fait remarquer, cette méthode est surtout intéressante pour les "petits" poivrons/piments.

Avant de terminer, je note ci-dessous quelques observations... à ne pas oublier pour l'automne prochain.

Il faut bien les arroser

Ces plants de poivrons sont restés dans une pièce chauffée : malgré un certain ralentissement de leur croissance pendant l'hiver, ils ne sont pas entrés vraiment en dormance et montraient des signes de flétrissement lorsqu'ils n'étaient pas assez arrosés. J'ai observé qu'ils se portaient bien mieux lorsque la terre était bien humide (et même quand la soucoupe restait pleine d'eau un jour ou deux).

Ils se débrouillent sans éclairage artificiel

J'avais de gros doutes sur la capacité des poivrons à supporter les courtes journées d'hiver. Mais malgré l'absence quasi-totale de soleil pendant plusieurs mois et un petit rideau "coupe-vue" qui limite encore plus la luminosité, mes plants sont restés bien verts et en bonne santé. Je précise toutefois que je les avais placés derrière une fenêtre orientée plein sud.

En hiver, quand il fait sombre dehors, les plantes doivent être tout contre la vitre, exposée au Sud, pour recevoir assez de lumière.

En hiver, quand il fait sombre dehors, les plantes doivent être tout contre la vitre, exposée au Sud, pour recevoir assez de lumière.

Les féconder manuellement ou pas ?

A part quelques mouches sporadiques, les insectes ne sont pas si nombreux dans la maison. Ou alors, ils ne sont pas du genre à féconder les fleurs. Aussi, j'ai toujours gardé un petit pinceau sous la main pour "faire l'insecte" et permettre la fécondation. Était-ce indispensable ? Je n'en sais rien. Toujours est-il que les fruits sont là.

Recouvrir la terre de gravier

C'est encore un conseil d'Eveliotis, du blog "jardins du Nord" : pour éviter que les pucerons et autres bestioles présentes éventuellement dans le substrat ne viennent attaquer nos précieux plants, on peut recouvrir la terre d'une couche de graviers. Est-ce pour cette raison que jamais le moindre puceron ni la moindre araignée rouge ne s'en sont pris à mes plants ?

Essayer l'autre méthode

Pour conserver un plant de piment en hiver il faut soit le mettre en repos entre 12 et 15 °C + le tailler de moitié au-dessus des fourches et limiter les arrosages à leur plus simple expression (à peine humide).
OU poursuivre sa culture à t° ambiante en intérieur en poursuivant des arrosages moyens. Dans ce cas il faut surtout surveiller la prolifération éventuelle mais fréquente d'araignées rouges ou de pucerons

Message d'Eveliotis sur le forum "jardins du Nord"

La méthode qui consiste à conserver les plants à température ambiante a fait ses preuves mais j'ai envie, en plus, d'essayer l'hivernage entre 12 et 15°. Est-ce que ça va marcher ?

On verra bien !

Bon dimanche.

Publié dans Légumes, Serre

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Commenter cet article

bertrand massé 28/05/2018 16:22

Yep, c'est trop mimi,
Moi aussi je m'essaye aux piments, mais j'aimerais en faire des bonsais d'intérieurs décoratifs, advienne que pourra...:)merki pour toutes les trucs

bertrand massé 05/07/2018 18:39

Une jeune plante qui grandit et devient belle sous nos yeux, c'est toujours mimi ;)
Jamais dit qu'il ne fallait pas faire attention non plus :)

Annick Boidron 30/05/2018 05:58

Ne jamais dire à un piment qu'il est mimi ! Surtout à un Malgache : ça pique. ça fait plusieurs fois que j'entends parler de piment en bonsais, ça doit être intéressant et ça donne envie d'essayer.

naniland89 21/05/2018 06:35

cela me donne envie d'essayer je l'avoue !!

Agnès - Esprit Laïta 20/05/2018 11:30

Passionnant! ça fait un moment que mon homme me dit qu'on peut conserver les plants de piments en hiver. Ton article me donne bien envie de tenter l'expérience mais je ne sais pas si j'ai envie que mon salon se transforme en serre...A méditer donc. Merci encore pour ton super blog!