Ce que je fais au potager en janvier

Publié le par Annick Boidron

Mon potager, c'est là que je passe le plus de temps quand je me promène au jardin : il y a toujours quelque chose de nouveau, je l'aime, je le trouve beau. Il mesure à peine 50 m² mais il me fournit généreusement en légumes souvent un peu bizarres. Bref ! J'en suis plutôt fière.

Pour une visite du potager en été, cliquez ici.

Potager en juillet

Potager en juillet

Mais en hiver, le spectacle est un peu moins réjouissant.

Potager en janvier...

Potager en janvier...

Au boulot, Annick !

Quand il tombe une petite pluie insidieuse, que le ciel est tout gris et la température inférieure à 3 degrés... on ne se sent pas forcément disposé à mettre les mains dans la terre. Mais ce sont les premiers pas qui coûtent. Et puis, il y a urgence (je n'aime pas ce mot) : si certaines planches ronronnent  confortablement sous une couverture de feuilles mortes depuis novembre, la couche de matière organique qui recouvre les autres est devenue toute fine et ça, ce n'est pas bon ! Alors, au travail ! Et puis, ça fera du bien après les fêtes.

En octobre, j'avais déposé sur toutes les planches une bonne couche de matière organique (parties aériennes des légumes non-rustiques et paille des poules) : il n'en reste déjà presque plus rien !

En octobre, j'avais déposé sur toutes les planches une bonne couche de matière organique (parties aériennes des légumes non-rustiques et paille des poules) : il n'en reste déjà presque plus rien !

Mon travail de janvier au potager, étape par étape

J'y vais progressivement, une planche après l'autre, en tournant une année dans le sens des aiguilles d'une montre et l'année suivante, dans l'autre sens.

Un schéma du potager. Si je devais le refaire maintenant, il serait moins "formel" mais il est plutôt pratique alors il restera comme ça ! Pour info, il mesure 7m sur 7.

Un schéma du potager. Si je devais le refaire maintenant, il serait moins "formel" mais il est plutôt pratique alors il restera comme ça ! Pour info, il mesure 7m sur 7.

1. Enlever les "mauvaises herbes" ...

Ça va vite :  le sol, qui a été constamment recouvert, est extrêmement souple et les quelques pissenlits ou mourons blancs s'enlèvent simplement en tirant dessus.

... et les déposer sur la planche d'à côté

De la matière organique, c'est de la matière organique, y compris ce qu'on appelle mauvaises herbes. Elles vont se décomposer et enrichir la terre. Si, par hasard, quelques-unes arrivent à reprendre racine... il suffira de les enlever au moment de planter (et de les manger !)

Les feuilles des fraisiers, les "mauvaises herbes" : toute matière organique est la bienvenue sur les planches. A gauche : la planche "nettoyée". A droite : cette matière organique est déposée sur la planche voisine.Les feuilles des fraisiers, les "mauvaises herbes" : toute matière organique est la bienvenue sur les planches. A gauche : la planche "nettoyée". A droite : cette matière organique est déposée sur la planche voisine.

Les feuilles des fraisiers, les "mauvaises herbes" : toute matière organique est la bienvenue sur les planches. A gauche : la planche "nettoyée". A droite : cette matière organique est déposée sur la planche voisine.

2. Récupérer tout ce qui peut l'être

Dans ce potager un peu anarchique, je découvre parfois des trésors. J'ai pris l'habitude de laisser pousser les semis spontanés jusqu'à ce que je reconnaisse de quoi il s'agit. Je conserve tout ce qui m'intéresse, principalement les vivaces. Dans mes planches aujourd'hui, j'ai récupéré des géraniums vivaces, des verveines de Buenos-Aires, des digitales et des linaires pourpres. Je les ai plantées dans mes massifs.

Les vivaces sont repiquées dans les massifs, les fraisiers en bordure de planches. Quant aux mauves que j'adore en légume au printemps, elles peuvent rester en place.Les vivaces sont repiquées dans les massifs, les fraisiers en bordure de planches. Quant aux mauves que j'adore en légume au printemps, elles peuvent rester en place.
Les vivaces sont repiquées dans les massifs, les fraisiers en bordure de planches. Quant aux mauves que j'adore en légume au printemps, elles peuvent rester en place.Les vivaces sont repiquées dans les massifs, les fraisiers en bordure de planches. Quant aux mauves que j'adore en légume au printemps, elles peuvent rester en place.

Les vivaces sont repiquées dans les massifs, les fraisiers en bordure de planches. Quant aux mauves que j'adore en légume au printemps, elles peuvent rester en place.

3. Ajouter du fumier ou du compost

Une fois la planche vidée, c'est le moment de lui apporter "de la nourriture" : fumier de mes chèvres bien décomposé ou compost maison... Une couche de 2 cm est largement suffisante. Je ne fais pas ça tous les ans...

Ce que je fais au potager en janvier

4. Recouvrir avec des feuilles et toutes ces sortes de choses...

Si je laissais le fumier ou le compost sans protection, les matières nutritives seraient probablement lessivées par les pluies. Alors, je dépose dessus tout ce que je peux trouver.

Il faut couper le feuillage des Pontederia... pourquoi le transporter jusqu'au compost alors qu'il peut aller directement sur le potager ?Il faut couper le feuillage des Pontederia... pourquoi le transporter jusqu'au compost alors qu'il peut aller directement sur le potager ?

Il faut couper le feuillage des Pontederia... pourquoi le transporter jusqu'au compost alors qu'il peut aller directement sur le potager ?

Et puis les feuilles des arbres !  Je les ramasse sur la terrasse. D'une pierre deux coups : je nettoie la terrasse et je nourris et protège la terre de mon potager.

En deux temps, trois mouvements : directement de la terrasse au potager. Vivent les feuilles mortes.En deux temps, trois mouvements : directement de la terrasse au potager. Vivent les feuilles mortes.En deux temps, trois mouvements : directement de la terrasse au potager. Vivent les feuilles mortes.

En deux temps, trois mouvements : directement de la terrasse au potager. Vivent les feuilles mortes.

5. Caler le tout avec des branches

Hé oui, en hiver, un bon coup de vent, et hop ! plus de feuilles sur le potager. Alors, pour les fixer, j'utilise mes (très) anciennes perches à haricots. Celles-ci auront connu quatre vies :

Ils ont poussé dans la haie, ont servi de perches à haricots puis de bordure avant de maintenir les feuilles en place... et de se décomposer lentement..Ils ont poussé dans la haie, ont servi de perches à haricots puis de bordure avant de maintenir les feuilles en place... et de se décomposer lentement..
Ils ont poussé dans la haie, ont servi de perches à haricots puis de bordure avant de maintenir les feuilles en place... et de se décomposer lentement..Ils ont poussé dans la haie, ont servi de perches à haricots puis de bordure avant de maintenir les feuilles en place... et de se décomposer lentement..

Ils ont poussé dans la haie, ont servi de perches à haricots puis de bordure avant de maintenir les feuilles en place... et de se décomposer lentement..

6. Laisser faire

A partir d'ici, mon rôle est terminé, c'est le potager qui prend le relais. Tout ce matériel organique va se décomposer (bien plus vite qu'on ne l'imagine !). Les vers de terre mais aussi les champignons et toutes sortes de minuscules bestioles s'activent. Non seulement le sol s'enrichit en nutriments divers, mais il acquiert toutes sortes de qualités physiques et chimiques qui favorisent la végétation.

Sous les feuilles et le bois en décomposition : un sol léger, vivant et riche. Il est aussi étonnamment tiède ce qui est bien agréable quand on a les mains gelées par un petit vent du Nord pénétrant.Sous les feuilles et le bois en décomposition : un sol léger, vivant et riche. Il est aussi étonnamment tiède ce qui est bien agréable quand on a les mains gelées par un petit vent du Nord pénétrant.

Sous les feuilles et le bois en décomposition : un sol léger, vivant et riche. Il est aussi étonnamment tiède ce qui est bien agréable quand on a les mains gelées par un petit vent du Nord pénétrant.

Et voilà ! C'en est fini des "gros" travaux dans le potager. Certes, cela m'a pris deux après-midis, soit ... quatre heures de travail (il fait noir à 16 h 30, ces temps-ci !). Mais je n'ai plus rien à faire ! Pas de bêchage, pas de nettoyage. Au printemps, je me contenterai d'écarter un peu la matière organique subsistante pour semer ou repiquer.  Heu oui... je tiendrai les limaces à l’œil, quand même. Mais ça, on en reparlera !

Et voilà le travail : le gel et la neige peuvent venir, le potager est prêt !

Et voilà le travail : le gel et la neige peuvent venir, le potager est prêt !

Je trouve cette façon de procéder assez pratique et efficace. Plus important que tout : elle respecte la vie du jardin et de ses habitants en le chamboulant le moins possible. Je trouve aussi que c'est une méthode qui économise MON énergie : chaque action rempli deux, voire trois objectifs. Par exemple, je nettoie la terrasse de ses feuilles tout en protégeant le potager. Ou bien, je déracine les "mauvaises herbes" tout en apportant de la matière organique à la planche d'à côté. J'utilise toutes les ressources du jardin et rien n'est gaspillé. J'en profite aussi pour faire une petite récolte de légumes.

Hélianthis, betterave jaune, quelques carottes : voilà les légumes pour le repas de ce soir.

Hélianthis, betterave jaune, quelques carottes : voilà les légumes pour le repas de ce soir.

Ce potager, est-il nécessaire de le préciser, je ne le retourne jamais : pas de motoculteur, pas de bêche, même pas de grelinette ! D'ailleurs, ça ne se voit pas comme ça, mais il est encore plein de légumes !

Vous ne me croyez pas ? hé bien, je vous montrerai ça demain !

A demain.

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evelyne 04/02/2019 17:17

Bonjour et félicitations pour ton jardin ordonné et super pratique, j'ai essayé avec des encadrements de chrysantèmes mais c'est trop haut, il faut constamment rajouter de la terre ou du compost en quantité.
Je crois que je vais appliquer ton système même s'il faut se baisser, on ne peut pas tout avoir.

John 17/01/2019 07:50

As tu déjà testé Annick le BRF (Bois Raméal Fragmenté) sur tes planches ? Moi je vais m'y lancer bientôt. C'est sûr que l'hiver il y a du boulot aussi. Mais bon, c'est pour un redémarrage plus facile au printemps.

Annick Boidron 17/01/2019 08:29

Bonjour John,

J'en ai peut-être déjà mis un peu mais j'en ai rarement. Mon petit broyeur ne fait pas de morceaux assez fins et je mets le bois broyé plutôt entre les arbres et arbustes. Au potager, je préfère une couverture qui se décompose plus rapidement. Sinon, pour ce qui est u boulot en hiver, ça fait du bien et c'est l'occasion de passe du temps dehors. Et c'est vrai qu'on gagne beaucoup de temps au printemps. Bonne journée.

Agnès - Espritlaita 15/01/2019 14:23

Bonne Année Annick dans ton jardin merveilleux! J'essaie d'appliquer ta philosophie : en faire le moins possible pour un maximum de rendement et de plaisir ???? c'est bien ça ?

Annick Boidron 17/01/2019 08:31

Oui Agnes, c'est l'idée. Et aussi passer moins de temps à réaliser les travaux répétitifs et peu intéressants pour se consacrer à des tâches plus valorisantes... comme semer, par exemple !

nanie 08/01/2019 06:05

je note tes bons conseils
car le potager, je le découvre que depuis deux ans
on a tout à apprendre de nos bêtises aussi !!
mais j'aime bien je l'avoue
je te remercie pour ton blog et tes façons de faire
bonne continuation

Annick Boidron 08/01/2019 11:07

Bonjour Nanie,

En matière de jardinage, nous restons des apprentis pendant toute notre vie et malgré ce que certains veulent nous faire croire, en cette matière, personne ne détient la Vérité. Je suis comme toi persuadée qu'on apprend bien plus de ses "bétises" qu'en appliquant une méthode "toute faite"... ce qui n'empêche pas de piocher des idées à droite et à gauche. C'est en essayant toutes sortes de méthodes qu'on finit par trouver celle qui nous convient le mieux... et qui n'est jamais définitive. Mais quel plaisir !

Florence 07/01/2019 22:15

Très intéressant article et très clair. Je tourne autour de l'idée d'un potager chez moi mais je dois admettre d'occuper une petite partie du terrain avec autre chose que des plantes fleuries d'ornement. Bon je pense que certains légumes doivent être assez décoratifs ? Ensuite se pose la vraie question : est-il possible sans arrosage intégré de laisser son potager sans soin le temps d'une ou deux semaines de vacances ? Reste le problème du mari tondeur qui n'aime pas tourner autour des massifs et à l'occasion scalpe les arbustes en balançant son fil électrique. Mais tu viens d'augmenter mon envie et donc celle de passer outre ces questions et chercher des solutions. Bises

Annick Boidron 08/01/2019 11:38

Bonjour Florence (enfin, re-bonjour car je reviens de ton blog). Je confirme à propos des légumes décoratifs. Certains les intègrent même à leurs massifs fleuris. C'est d'ailleurs une tendance que l'on retrouve de plus en plus souvent mais qui n'est pas forcément facile à gérer : quand on a décidé de manger la superbe bette à cardes rouges, ça fait un trou dans le massif. Pour ce qui est de laisser le potager sans soin pendant une semaine ou deux, je le fais souvent. Mais il faut dire que j'habite une région pas trop sèche (à l'exception de cet été!). J'ai eu moins de haricots, et voilà ! Avec une terre bien recouverte et une plantation assez dense, on limite le dessèchement du sol surtout lorsqu'on arrose pas ou très peu le reste du temps, cela oblige les plantes à former des racines profondes pour aller chercher l'eau. Mais une région n'est pas l'autre et j'imagine que dans le Sud de la France, il est difficile, voire impossible de se passer d'arrosage. Peut-être que ton mari-tondeur changera d'avis lorsque tu lui auras fait goûter tes premières récoltes... Bisous

Maryline 07/01/2019 21:12

Formidable ! Je sens que je vais revenir souvent !

Lalla Fatima 07/01/2019 16:06

J'aime ta philosophie du jardinage, ton potager est superbe! Le notre est archi classique (en rang d'oignons!) ; à l'achat de la maison (il y a 2 ans), il est devenu le domaine de monsieur mais je commence à l'investir et cette année, je me lance dans les semis de graines potagères. Grace à ton blog j'ai appris l'existence des grainothèques, cela ouvre des possibles.
Bonne semaine.

Estelle 07/01/2019 10:55

Tu me fais penser que je devrai vérifier où en est la décomposition de la couverture que j'ai déposé sur mes carrés potagers.
Je profite de ce petit message pour te souhaiter une très belle année 2019 Annick. Tous mes vœux de bonheur, un beau jardin et une bonne santé aussi.
Bises

mariejoclaude 07/01/2019 10:26

ton travail de ton potager s'apparente au mien , comme chez toi , toujours une couverture de matière organique , pour l'hiver je laisse pousser ça et là bourrache , souci et quelques adventices pour avoir quelques fleurs ,,,, je passes un peu plus la grelinette que toi , mais c'est tellement vite fait et un travail amusant !!! bonne semaine Annick !

Muriel 06/01/2019 15:25

Merveilleux potager et histoire égrènée qui fait du bien à lire, qui fait du bien à l'âme .
Je viens de vous découvrir et je suis fan, merci pour ces moments de partages ????????????