Chaleur, sécheresse : j'essaye de sauver ce qui peut encore l'être

Publié le par Annick Boidron

Ce ne sera pas un concert de lamentations : dans le jardin, il y a des choses qui vont bien. Mais pas que... vous vous en doutez. Comme partout ailleurs, il fait sec, il fait parfois très chaud et même si dans notre Ardenne l'air est un peu plus respirable, voilà tout de même des semaines qu'il ne pleut plus.

En conséquence, mon travail au jardin consiste surtout à essayer de sauver ce qui peut encore l'être, tout en réduisant au maximum les arrosages : ma réserve touche à sa fin et l'eau de ville est précieuse. Pour ce premier article depuis longtemps, je ne vais pas la faire compliquée : je vais me contenter de vous raconter mes travaux au jardin, aujourd'hui.

Je ne suis pas du genre à me lever à l'aube mais vers 8-9h, quand je m'y mets, il fait encore frisquet (13°C à 8h : certains vont m'envier). J'en profite pour m'occuper d'un coin ensoleillé :

Ce coin du potager a bien besoin de mes services.

Ce coin du potager a bien besoin de mes services.

Dans le potager, la terre, riche en matière organique et toujours recouverte ne sèche pas trop vite. Mais il y a une zone que j'ai négligée : cette planche se trouve depuis peu en plein soleil car les arbres qui l’ombrageaient ont été coupés. C'est temporaire, d'autres arbustes sont en train de pousser à leur place. Mais en attendant, les quelques légumes, pour la plupart vivace qui s'y plaisaient... ne s'y plaisent plus.

 

Valériane Phu, cerfeuil, rau-ram, épinard du Caucase... tous ces légumes aiment la fraicheur. ils sont bien malheureux sous le soleil et leur jardinière n'a même pas pensé à améliorer un peu leur confort : il va falloir remédier à ça.

Valériane Phu, cerfeuil, rau-ram, épinard du Caucase... tous ces légumes aiment la fraicheur. ils sont bien malheureux sous le soleil et leur jardinière n'a même pas pensé à améliorer un peu leur confort : il va falloir remédier à ça.

Première chose à faire : récolter les graines mûres.

Les graines d'épinard du Caucase et de cresson des jardins sècheront vite.

Les graines d'épinard du Caucase et de cresson des jardins sècheront vite.

Ensuite, et c'est urgent : couvrir le sol. Heureusement, j'ai à ma disposition une grande quantité de consoude. Cette plante semble increvable : on peut la couper tant qu'on veut, elle revient toujours. Il parait qu'elle a des racines hyper-profondes, ce qui lui permet d'aller chercher l'eau loin en sous-sol.

Je manque parfois d'eau mais jamais de consoude.Je manque parfois d'eau mais jamais de consoude.

Je manque parfois d'eau mais jamais de consoude.

Etape suivante : une petite couche de compost. Je ne suis (vraiment) pas un pro du compost. Je le laisse se décomposer tout seul pendant des mois sans y toucher. Ce n'est que lorsque je me trouve devant un tas énorme que je m'y attaque enfin. Pour me ménager et ne pas envoyer le jardinage promener, je me suis fixé une règle : trois brouettes par jour, pas plus !

Voici la première brouette de la journée :

Mon compost étant réalisé à la 6-4-2, je suis obligée de le tamiser avant de m'en servir. A cette condition, on dirait du vrai compost, scientifique et tout.

Mon compost étant réalisé à la 6-4-2, je suis obligée de le tamiser avant de m'en servir. A cette condition, on dirait du vrai compost, scientifique et tout.

Après, tout de même, j'arrose : je compte sur la consoude et le compost pour jouer le rôle d'une éponge et emmagasiner l'eau.

Chaleur, sécheresse : j'essaye de sauver ce qui peut encore l'être

Pour terminer : une petite couche d'herbe coupée. J'arrive à la fin de ma réserve, hélas.

Une couche d'herbe séchée de quelques centimètres d'épaisseur limite l'évaporation efficacement.

Une couche d'herbe séchée de quelques centimètres d'épaisseur limite l'évaporation efficacement.

Voilà pour le potager. Mais il commence à faire chaud : je vais continuer à l'ombre.

Voici l'endroit : une zone fraiche, à l'ombre, composée de deux allées perpendiculaires.Voici l'endroit : une zone fraiche, à l'ombre, composée de deux allées perpendiculaires.
Voici l'endroit : une zone fraiche, à l'ombre, composée de deux allées perpendiculaires.Voici l'endroit : une zone fraiche, à l'ombre, composée de deux allées perpendiculaires.

Voici l'endroit : une zone fraiche, à l'ombre, composée de deux allées perpendiculaires.

Pour l'ombre et la fraicheur, c'est gagné. Mais la promenade n'avait pas grand intérêt : j'ai ajouté des plantations pour la rendre plus attirante. C'est là que je me suis un peu plantée : la zone est beaucoup plus sèche que je ne pensais.

Les champignons en tous genre, dont cet horrible et puant Phallus impudicus, poussent ici en abondance... ce qui m'a fait croire à un environnement relativement humide.

Les champignons en tous genre, dont cet horrible et puant Phallus impudicus, poussent ici en abondance... ce qui m'a fait croire à un environnement relativement humide.

Pour établir mon choix de plantes, je me suis basée sur l'abondance de champignons et... la présence d'égopodes qui selon les sites spécialisés "se plait en environnement forestier, à mi-ombre dans un sol riche et frais". Comme je ne passe pas souvent par là, je ne me suis rendu compte du désastre qu'assez tard... et même un peu trop tard.

Ma superbe fougère "plume d'autruche" que je voyais déjà coloniser toute la zone a séché brusquement, un jour où les températures ont atteint 35° à l'ombre.

Ma superbe fougère "plume d'autruche" que je voyais déjà coloniser toute la zone a séché brusquement, un jour où les températures ont atteint 35° à l'ombre.

Tout n'est pas aussi catastrophique, heureusement. Mais il était temps. Depuis que je vais les voir chaque jour, en leur apportant une dose de compost, un peu de matière organique fraiche et un arrosage de temps-en-temps, ça va mieux. Aujourd'hui, j'ai carrément ajouté deux brouettes.

Quelques arrosoirs, une bonne pelletée de compost et ça va déjà un peu mieux.
Quelques arrosoirs, une bonne pelletée de compost et ça va déjà un peu mieux.
Quelques arrosoirs, une bonne pelletée de compost et ça va déjà un peu mieux.
Quelques arrosoirs, une bonne pelletée de compost et ça va déjà un peu mieux.

Quelques arrosoirs, une bonne pelletée de compost et ça va déjà un peu mieux.

Pourquoi ces plantes ont-elles autant de mal ? Est-ce parce qu'elles sont toutes jeunes et que j'aurais dû mieux m'en occuper ? Dans ce cas, je veux bien continuer à les dorlotter intensément pendant quelques années, le temps qu'elles s'installent. Mais peut-être aussi, sont-elles mal adaptées à cet environnement. Dans ce cas, j'aurais tout intérêt à les déplacer cet automne... Jardiner, c'est douter.

Allez, on termine avec un truc qui va bien :

Par ce beau temps sec, les verveines de Buenos aires  sont dans leur élément : elles se sont ressemées un peu partout et s'en donnent à cœur joie. Je les aime.
Par ce beau temps sec, les verveines de Buenos aires  sont dans leur élément : elles se sont ressemées un peu partout et s'en donnent à cœur joie. Je les aime.

Par ce beau temps sec, les verveines de Buenos aires sont dans leur élément : elles se sont ressemées un peu partout et s'en donnent à cœur joie. Je les aime.

Si vous êtes un-e habitué-e du blog, vous êtes sans doute surpris de me voir revenir soudain après des semaines l'absence. C'est que je me suis rendu compte tout à l'heure que mon blog me manquait : j'aime écrire, partager mes expériences, recevoir vos retours même si, j'imagine, on m'a un peu oubliée depuis tout ce temps. J'espère que la flamme est revenue mais en tout cas, j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce petit article.

Allez, j'ose dire "à bientôt".

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S
C'est la première fois que je vous lis, ces nouvelles sont intéressantes, je vois que je ne suis pas un cas isolé...<br /> D'habitude je n'arrose que les plantes en pot, mais là (je suis en Normandie, dans l'Eure) je me suis aperçue que les plantations de moins d'un an souffrent beaucoup. J'ai beaucoup investi de temps en automne dernier et au printemps, et j'aimerais bien ne pas perdre les plantes amoureusement élevées, parfois issues de boutures, de semis, de divisions ou d'achats. Alors je me suis transformée en infirmière et je paille, j'arrose,... en espérant sauver un maximum de mes bébés 😉<br /> Ce matin j'ai même lesté un carton pour faire de l'ombre à un arbuste dont les feuilles sèchent malgré les soins.<br /> Tant pis pour l'esthétique, on verra ça à l'automne. <br /> À plus tard.
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A
Je vois que nous vivons à peu près la même chose. Les plantes coûtent cher et souvent on y est attaché pour différentes raisons. J'imagine que petit-à-petit nous allons nous adapter et trouver des solutions, quitte à faire l’Impasse sur le côté esthétique pendant un moment ou ben à renoncer à certaines plantations. En ce qui me concerne, je tâtonne beaucoup, sans prendre de grandes décisions car on ne sait pas vraiment ce que l'avenir nous réserve. Merci pour votre commentaire et bon week-end.
I
Ha te voilà toi!!!! j'arrive?_..... sur cannes parfois,mieux.....mais pas de soucis....ça ira!
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A
Oui ben, tu peux venir jusqu'à Bouillon, on t'attend. ça prendra peut-être un peu plus de temps avec des connes, mais on a tout le temps. Bisous
N
Youhou ! Je suis trop fan pour arrêter de venir jeter un oeil de temps en temps ici, dans l'espoir de voir un nouvel article ! Merci de revenir :-)
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A
Merci, ça fat plaisir. J'ai continué sur ma lancée et écrit un nouvel article sur la serre... par temps chaud. Je ne sais pas si ça fait partie des sujets qui vous intéressent. C'est dommage d'ailleurs, le blog me permet d'entrer en contact avec beaucoup de gens sympa, mais je ne sais pas forcément ce qui les intéresse. Dites-le moi, si vous voulez. Quoi qu'il en soit, bon week-end et à bientôt.
C
Coucou Annick, moi aussi j'ai pensé à toi il y a quelques jours, j'ai failli t'écrire, mais bien sûr j'ai procrastiné😫<br /> C'était en admirant mes poivrons😉petits petits enfants des tiens😉 ils sont beaux, mais je suis obligée de les bichonner, ainsi que tous les autres légumes et les plantes arrivées en automne dernier au jardin. Plus d'eau de pluie en réserve (malgré les 7000l), je dois arroser avec l'eau du robinet, j'en fais presque des cauchemars! Pas une goutte de pluie en juillet ici🙄 heureusement les tom<br /> ton jardin me semble très correct par rapport au mien. Mais je sais que derrière, tu mets beaucoup d'énergie dans le potager entre autre.<br /> Courage, l'automne reviendra bien vite!<br /> bises et bonne fin d esemaine
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A
Ah Catherine, comment ça va. Je suis fidèle à ton instagram mais il est vrai que je ne commente pas assez.ça m'amuse beaucoup de savoir que "mes" poivrons ont des cousins un peu partout et, en particulier, en Bretagne. Pour la pluie, on est tous logés à la même enseigne même si j'ai l'impression que nous sommes un peu privilégiés en Belgique : s'il n'y pleut pas plus qu'ailleurs, il n'y fait pas encore trop chaud en général. Quoi qu'il en soit, profitons du jardin tel qu'il est, tu as bien raison. Bon week-end.
V
Oh quel plaisir de vous lire à nouveau !
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A
Merci Véronique, il me fait plaisir à moi aussi, votre commentaire.
R
Contente de voir que ça te manque quand même un peu. Merci pour ces conseils précieux (la consoude à même le sol, j'aurais jamais pensé ) L'important c'est toujours de garder le plaisir. Bisous
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A
Bien d'accord avec toi. Du plaisir et, "avoir bon", n'est-ce pas ? <br /> PS je fais un peu de purin de consoude mais je déteste ça alors, les mettre sur le sol, c'est toujours ça de gagné.
D
Hello Annick <br /> Ravie d'avoir de tes nouvelles !<br /> Non non on ne t'oublie pas! C'est toujours un plaisir de partager tes expériences mais tu n'es tenue à aucune obligation .<br /> Je galère aussi avec la manque de pluie .Mon département étant placé en alerte sécheresse, je n'arrose que ponctuellement les plantations récentes avec l'eau de ville .L'eau de pluie de la citerne est réservée à mes plantes d’intérieur et à mes plantes de terrasse acidophiles (j'en ai beaucoup ).<br /> Ma belle osmonde royale a grillé sous les 39°,elle repartira du pied l'année prochaine .Mes anémones du japon ne sont pas terribles cette année .Les feuilles de mes crocosmias ont brulé elles aussi .<br /> Dans l'ensemble les arbustes ,rosiers ,et vivaces qui sont plantés depuis longtemps résistent bien dans ma terre lourde .<br /> Les années se suivent et ne se ressemblent pas ,l'année dernière on se plaignait des pluies incessantes !<br /> A très bientôt Annick J'ai pris beaucoup de plaisir à te lire !
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A
Tu as raison Dominique, les années ne se ressemblent pas. J'espère comme toi que certaines plantes "disparues" sont en dormance et qu'on les reverra à l'automne ou au printemps prochain. ça y est, ici aussi on ne peut plus arroser à l'eau de "distribution", le peu qu reste dans ma cuve est donc distribué avec parcimonie. C'est tout de même malheureux d'habiter en Belgique et de pleurer après la pluie. A bientôt et bon week-end.
B
Coucou Annick, tu as pris beaucoup de plaisir à écrire et moi beaucoup à te lire. Si tu en as l'envie et le temps, tes articles sont toujours intéressants.
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A
Bonjour Béné, encore très heureuse de t'avoir rencontrée. Merci pour ton commentaire
V
Toujours riche d'enseignements que de te lire. Et toujours un plaisir. Très sec dans mon coin de Hesbaye également. <br /> Je m'oblige à ne pas trop arroser. Je n'ai, hélas, pas de réserve d'eau de pluie. Mais mon jeune jardin souffre. J'arrose de temps à autre les jeunes plantations auxquelles je tiens vraiment. A bientôt ici ou dans d'autres jardins...
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A
Je fais comme toi pour essayer de sauver les plantes qui ont du mal. ça ne fait aucun doute que nous nous croiseront ici ou là. A bientôt.
A
Mais pourquoi t''oublier ...? Ca ne risque pas...Je comprends tres bien la surcharge de travail pour nourrir un blog...et je suis toujours heureuse de te lire...à ton rythme...tes expériences sont toujours autant enrichissantes...A bientôt
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A
ça fat plaisir. Oui c'est un surcroit de travail mais d'un autre côté, un blog c'est tout de même l'occasion de rester en contact avec d'autres jardinier(e)s. A bientôt.