Fruitiers : pourquoi ne pas planter un nashi pour changer ?

Publié le par Annick Boidron

Le nashi est une poire. Mais une poire asiatique, ce qui change tout. C'est une poire en forme de pomme, tout simplement. Son goût n'est ni celui d'une poire ni celui d'une pomme, cependant.

Vous suivez ? Allez, je reprends.

Voici un nashi :

Fruitiers : pourquoi ne pas planter un nashi pour changer ?

C'est tout de suite plus clair avec une petite photo, non ?

Notez bien que je ne suis pas LA grande spécialiste du nashi : j'en ai un seul dans mon jardin. Mais j'en suis si contente que vous voulais vous en parler et même vous suggérer d'en planter un... pour changer un peu des sempiternels pommier et pruniers.

C'est un petit arbre. Enfin, pour le moment. Quelle taille va-t-il atteindre ? Je n'en sais strictement rien car figurez-vous que je ne sais même pas de quelle variété il s'agit. "Faut garder les étiquettes", me direz-vous. Eh bien, c'est ce que j'ai fait. La voici, d'ailleurs :

Cette étiquette a certes vécu mais on peut tout de même lire "rode nashi" (soit "nashi rouge" si c'est en néerlandais).

Cette étiquette a certes vécu mais on peut tout de même lire "rode nashi" (soit "nashi rouge" si c'est en néerlandais).

La logique voudrait qu'en tapant "rode nashi" ou "nashi rouge" dans un moteur de recherche, je tombe immédiatement sur une description de ma variété avec, c'est tout de même important, quelques informations sur sa taille à l'âge adulte. Mais rien de tout ça : un pépiniériste flamand parle de fruits à la chair rosée, ce qui n'est pas le cas des miens et j'ai trouvé quelques traces d'un "red nashi" qui aurait la peau teintée de rouge... ce qui n'est pas le cas non plus.

Donc je ne sais pas... mais d'après ce que j'ai pu trouver, la taille moyenne de ces arbres est d'environ trois mètres : ça va.

Où l'ai-je acheté ? Mystère. Quand ? Ah ça, je sais, c'était en 2019.

Mon nashi en 2019, dans un coin du potager en compagnie des poireaux perpétuels et des mâches

Mon nashi en 2019, dans un coin du potager en compagnie des poireaux perpétuels et des mâches

Aujourd'hui, trois ans après la plantation, mon nashi mesure à peine 2 mètres de haut mais il a déjà produit une belle récolte :

Pas mal, non ? Et j'avais déjà cueilli des fruits avant de prendre la photo.

Pas mal, non ? Et j'avais déjà cueilli des fruits avant de prendre la photo.

A priori, il s'agit d'une variété autofertile car j'ai un seul nashi et ça m'étonnerait qu'il y en ait d'autres dans le voisinage. Mais, pour ne rien vous cacher, j’ai lu quelque part que certains pouvaient être pollinisés par le poirier williams... dont un pied borde le potager.

Et le goût alors ? il est assez subtil. Je sais bien que c'est ce qu'on dit des aliments insipides, mais tout de même, sans être aussi parfumé qu'une bonne poire, je lui trouve une saveur douce et sucrée, un peu fleurie, très agréable.

C'est surtout sa texture qui est intéressante : très croquante, j'ai presque envie de dire croustillante et très riche en eau. Le nashi est un peu l'équivalent de la pastèque et est particulièrement bienvenu quand il fait très chaud.

Le palisser ?

Mon nashi a des branches très fines et souples. A tel point qu'elles plient dangereusement sous le poids des fruits. Dans l'urgence, j'ai vite construit un "tipi" sur lequel j'ai attaché les branches.

Regardez comme les branches sont fines par rapport à la taille des fruits

Regardez comme les branches sont fines par rapport à la taille des fruits

Un "tipi" rapidement bricolé m'a permis d'attacher les branches.

Un "tipi" rapidement bricolé m'a permis d'attacher les branches.

Je suis en train de réfléchir à un support qui me permettrait de fixer mon nashi sans le déformer. En cherchant des informations, j'ai vu qu'au Japon, les fructiculteurs utilisent des treillages horizontaux sur lesquels ils fixent les branches. C'est peut-être une idée à suivre :

Vidéo un peu "cucul" mais sur laquelle on voit bien la structure horizontale qui soutient les branches.

Contre la gueule de bois

C'est prouvé scientifiquement comme on dit dans les pubs : un verre de jus de nashi avant une beuverie permet d'éviter la gueule de bois (mais pas l'ivresse, attention !). C'est bien expliqué dans l'article de Science et Avenir ci-dessous. 

Pour en revenir à MON nashi, j'en suis tellement contente que je voudrais en planter d'autres. il en existe toutes sortes de variétés aussi je prends mon temps pour bien choisir. Tous les conseils sont les bienvenus...

Un essai de semis

En attendant, j'ai tenté un petit semis. Je dis "petit" car j'y ai pensé trop tard et je n'ai pu récupérer que deux graines dans un vieux fruit pourri.

Pourquoi n'ai-je pas pensé à récupérer des graines plus tôt ? Heureusement, j'ai retrouvé un vieux fruit pourri qui en contenait encore deux.Pourquoi n'ai-je pas pensé à récupérer des graines plus tôt ? Heureusement, j'ai retrouvé un vieux fruit pourri qui en contenait encore deux.

Pourquoi n'ai-je pas pensé à récupérer des graines plus tôt ? Heureusement, j'ai retrouvé un vieux fruit pourri qui en contenait encore deux.

Semis dans un mélange drainant de terreau (sans tourbe) et de graviers.Semis dans un mélange drainant de terreau (sans tourbe) et de graviers.

Semis dans un mélange drainant de terreau (sans tourbe) et de graviers.

La petite couche de graviers et hop ! à l'ombre du côté Nord d'une palissade.La petite couche de graviers et hop ! à l'ombre du côté Nord d'une palissade.

La petite couche de graviers et hop ! à l'ombre du côté Nord d'une palissade.

On verra bien ce que ça va donner... si ça donne quelque chose.

D'un point de vue botanique, le poirier nashi asiatique (Pyrus pyrifolia) et notre poirier commun (Pyrus communis) sont des espèces différentes. Toutefois, elles peuvent s'hybrider entre elles. Peut-être même que le nashi qui pousse dans mon jardin est lui-même un hybride, ça existe (par exemple les cultivars Nakai et Benita ).

Si un jour j'ai des fruits, est-ce que ce seront de nashis "pure race" ou un hybride nashi-poire Williams ou encore autre chose ? Dans le meilleur des cas, je vous dirai ça dans quelques années.

Si vous voulez en savoir plus sur la culture de ce petit arbre fruitier, je vous conseille cet article de "jardipartage" qui me semble bien complet :

Et là-dessus je vous quitte.

A bientôt

Publié dans arbres fruitiers

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
Bonjour, <br /> D'après wiki https://en.wikipedia.org/wiki/Pyrus_pyrifolia <br /> Most of the cultivars belong to the Akanashi ('Russet pears') group, and have yellowish-brown rinds. The Aonashi ('Green pears') have yellow-green rinds. <br /> <br /> Le votre fait partie du groupe nashi rouge ('Russet pears'). De ce fait, on peut exclure la variété 'Nijisseiki'<br /> Je me demande si la Ferme Nos Pilifs ou pépinières de Boitsfort vendent des fruitiers de nashi
Répondre
M
Merci pour cet "article" très agréable à lire et bien documenté , comme d'habitude chez toi !<br /> Je m'en vais rapidement me mettre à la recherche de ce petit fruitier pour en planter un ce mois-ci!
Répondre
A
Bonjour Marie, on en trouve assez facilement mais il y a beaucoup de variétés différentes : difficile de faire un choix.
S
Merci pour cet article toujours aussi passionnant, illustré et clair ! Oui, une belle "publicité" (et non mensongère) pour le nashi :-) <br /> On parle des rosacées qui s'hybrident dans le tome 2 de notre BD, la Folle histoire des plantes, qui vient de sortir (25 octobre) dans toutes les librairies<br /> voici le lien sur cet épisode, si ça t'intéresse ! <br /> https://lafollehistoiredesplantes.com/news/les-cles-des-champs-les-rosacees-la-vie-en-rose<br /> et puis bientôt je mettrais en ligne un épisode sur les jardins forêts...<br /> merci encore pour ton formidable blog !
Répondre
A
Bonjour Sandrine, je suis allée voir l'épisode en question, c'est vraiment formidable de voir comment vous arrivez à partager des informations très complètes, rigoureuses scientifiques sous forme d'une bande dessinée amusante qui se lit sans effort. A recommander à tous les passionnés de plantes et aux autres... qui risquent bien de le devenir.
R
Miam tu nous fait monter l'eau à la bouche. Déjà souvent entendu parler mais jamais testé ce fruitier.
Répondre
A
Coucou Pascale, franchement, je trouve que ça vaut la peine d'essayer (ouije suis le démon de la tentation...)
S
Bonjour Annick on dirait que tu as la variété shinsui, bien jaune ...<br /> Quoiqu'il en soit, bravo pour la beauté de cet arbuste, le mien a le même âge et je n'ai pas encore eu le bonheur d'en gouter ... Je suis jalouse ;) <br /> Bon dimanche à tous ! Dans le Lot, le sol est enfin mouillé et le soleil brille, temps idéal pour aller enfouir tous les bulbes automnaux, j'y cours ...
Répondre
A
Effectivement, ça semble "coller". Je te souhaite de manger plain de nashis l'année prochaine. bonne soirée
R
Bonjour atoutes et tous pour en avoir goute il y a queques annees a Nerac (lot et garonne )c'est un vrai delice,j'avais goute egalement le fruit du neflier du Japon ou ou il faut le manger un peu blet,il y a tant de merveilles dans le monde,helas on ne peut pas tout cultiver chez nous,la dessus,Annick,j'aime beaucoup ton blog
Répondre
A
Ah le néflier, il est sur ma liste, celui-là. Merci d'aimer mon blog, Raymond.
G
Bonsoir, je suis dans la recherche de petits fruitiers, arbres et buissons. J'ai lu que le Nashi n'était jamais malade ce qui est une bonne chose mais que par contre les arbres asiatiques attirent les frelons asiatiques donc j'hésite à en mettre un car j'ai déjà eu un nid l'année dernière.
Répondre
A
En résumé, après l'article d'Annick, comme d'habitude très persuasive, j'allais me laisser tenter par le nashi. Mais si c'est pour se battre chaque fin de saison contre ces bestioles, je vais y réfléchir à 2 fois, dommage.
A
je rajoute : avec le temps de cet été j'ai un raisin juteux et sucré. Depuis ce matin, des fines gueules asiatiques s'y intéressent. Je peux vous témoigner que ce sont de sacrées fourchettes.
A
En Normandie, les frelons asiatiques étaient jusque là assez rares. Mais cette année, j'ai eu droit au printemps à un nid caché dans le trou d'un agglo, qui a été détruit. Et depuis la fin de l'été, c'est une invasion autour des figues et des poires. Comme pour tous ces types d'hyménoptères, le mieux est de les ignorer, mais bon, ils deviennent envahissants et leurs piqures peut être dangereuses. Pour info ils délaissent totalement l'érable du Japon qui est dans le jardin.
A
Comme Sylvie, ça me semble aussi douteux que les plantes asiatiques attirent les frelons asiatiques. Pour le moment chez moi, j'en ai vu un seul sur une pommes bien belge. cela dit, ça m'intéressait bien de conna^tre la source de l'information car de mon côté, je n'ai rien trouvé à ce sujet. bonne soirée Géraldine.
S
Bonjour Géraldine, S'il est vrai que le nashi est peu sensible aux maladies, il semble peu probable que les arbres asiatiques attirent les frelons de la même provenance ... La preuve en est que tu avais un nid l'an passé sans en avoir. De plus je doute que les frelons asiatiques aient besoin de ça pour s'installer, ils sont partout et il faut faire avec !
F
Bonsoir Annick, <br /> Tu me tentes bien avec ton Nashi ! Je vais voir les conditions de culture et s'il ne craint pas trop le calcaire, j'en adopterais peut-être un. Les jolis fruits que tu montres, me mettent l'eau à la bouche ! Merci pour cet excellent article ! Bonne soirée, bisous
Répondre
A
Bonsoir Fatima. Chez moi le sol n'est pas du tout calcaire et même un peu acide aussi je ne peux pas te renseigner. Bonnes recherches et bonne soirée