Les haricots, je les préfère grimpants... sur des tipis
Longtemps j'ai hésité à planter des haricots à rames. Trouver des rames et puis planter les rames me semblait une tâche démesurée, réservée aux mecs musclés qui ont fait leur service militaire.
Mais un jour, c'était il y a longtemps, j'ai vu une photo de "tipi". Allez savoir pourquoi, construire un "tipi" m'a tout de suite paru plus facile que d'aligner des perches à haricots. Et ça a été tout seul.
Savez-vous planter les tipis ?
Je n'ai plus de documents d'époque mais je peux vous montrer comment, aujourd'hui, je construis mes tipis.
D'abord, je coupe des perches, c'est du B.A.-ba (mais le plus embêtant). J'ai de la chance : il y a de nombreux noisetiers régulièrement recépés qui poussent sur notre terrain. Il suffit de couper des branches avec un gros sécateur.
Par ici, ce n’est pas trop difficile d'en trouver dans les haies (mais il vaut mieux demander avant de se servir !). Sinon, on vend dans tous les magasins de bricolage de gros bambous de plus de 2 m de haut qui font très bien l'affaire.
Une fois qu'on a ses perches, il reste une deuxième épreuve : les fixer dans le sol. Si vous regardez Gardener's World, vous avez déjà vu Monty enfoncer ses perches dans le sol avec grâce, sans le moindre effort apparent, comme dans du beurre.
Chez moi et, dans la plupart des potagers "normaux", les perches s'enfoncent sans doute facilement dans les 10 ou 15 premiers cm. Mais si on veut que notre tipi résiste au vent et au poids des haricots, il faut aller plus profond. Le truc, c'est l'avant-trou.
En fait, avec un maillet, un bon piquet bien solide, pas trop haut, et un peu de patience, ça ne demande pas tant d'efforts.
Après avoir retiré le piquet de l'avant-trou, avec toutes les précautions d'usage pour que la terre ne s'effondre pas dedans, il suffit, avec le même bras de Popeye, d'enfoncer la perche.
Finalement, il faut lier tout ça ensemble solidement, le plus haut possible.
Pour vous donner une idée des dimensions, la base du tipi fait environ 90 cm de diamètre. J'utilise en général cinq perches espacées de 50 cm les unes des autres à la base. Elles font environ 2,50 m de haut et 2 à 3 cm de diamètre (c'est le diamètre maximum que je peux couper avec mes gros sécateurs). Elles sont enterrées de 30 cm maximum : j'ai un sol très caillouteux.
Dans mon petit potager, j'installe chaque année quatre de ces tipis pour cultiver mes quatre variétés de haricots grimpants préférées. Je vous dirai lesquelles plus loin.
Ça, c'était en mai. Et voilà ce que ça donne en août :
toute la structure est recouverte. Ici, ce sont des haricots orteils de prêcheurs, délicieux (merci John, si tu passes par là).
Malgré quelques jours très venteux et de beaux orages pendant l'été, tous mes tipis ont tenu le coup. Ce n'était pas toujours le cas au début et je vous assure que relever un tipi couvert de haricots et tout mouillé, ce n'est pas une mince affaire.
🫘 Mon choix de haricots grimpants
Quand on a un tout petit potager comme moi, il faut être sélectif. Voici mes critères de choix : l'originalité, le goût, la production. Voilà donc les heureux élus : trois variétés à grains et une mange-tout.
C'est un haricot dont on récolte les grains secs. Ils ont VRAIMENT un goût de châtaigne. Je les adore.
C'est Pascale qui me les a fait découvrir il y a quelques années. Depuis, je ne pourrais plus m'en passer. Je les récolte en grain pour les consommer pendant l'hiver, mais je viens de lire sur le site de Kokopelli que les gousses crues étaient également excellentes.
Un autre haricot à écosser aux grains énormes et tendres.
C'est le plus rustique de mes haricots. Cette année, j'ai dû recommencer tous mes semis de haricots à cause d'une vague de froid... sauf les orteils de prêcheurs.
Pour la petite histoire, il s'agit d'une autre espèce que le haricot commun (Phaseolus vulgaris). C'est un Phaseolus coccineus, comme les haricots d'Espagne.
Celui-là, vous le connaissez certainement (sinon, c'est par ici).
C'est un haricot qui a un petit ostensoir dessiné dessus, ce qui a donné lieu à toutes sortes de légendes. Encore un haricot à grains très productif et très bon.
Je me suis livrée sur lui à quelques petites expériences « génétiques » pas du tout scientifiques, mais tout de même instructives, que je partagerai un de ces jours avec vous.
Le roi des haricots verts... même s'il est violet. Il a un goût extraordinaire et fond sous la dent. Ses gousses violettes sont décoratives mais deviennent vertes en cuisant.
Il est bien plus intéressant que beaucoup de haricots nains, car sa production est étalée dans le temps.
Même les gousses oubliées, toutes grosses et pleines de grains, sont tendres et sans fil après cuisson.
✅ Conclusion
Nous arrivons, il était temps, à la fin de ce long article.
Si vous n'avez jamais semé des haricots à rames, j'espère qu'il vous a donné envie d'essayer.
Ça vaut vraiment la peine car ça permet de gagner beaucoup de place, de donner de la hauteur au potager, et il faut bien avouer que ce n'est pas moche.
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