Bouturer les plantes gélives du potager pour passer l'hiver
Les basilics, le rau ram (Persicaria odorata), la tagète lucida, la verveine citronnelle, les poivrons et bien d’autres plantes aromatiques gèlent et disparaissent en hiver sous nos climats. Pourtant, ce sont des plantes vivaces.
Une solution pour ne pas les perdre consiste à les rentrer au chaud, hors gel. Mais ramener tous ces gros pots dans la maison prend beaucoup de place et, avec eux, on rentre aussi inévitablement toutes sortes de bestioles (pucerons, limaces) qui se réveilleront une fois bien au chaud.
Rien que ces deux gros pots de rau ram (coriandre vietnamienne) et de tagète lucida suffiraient à occuper tout un appui de fenêtre.
Une solution simple pour éviter ces inconvénients : les bouturer.
Cette année, j’ai tout bouturé… dans l’eau.
Si vous ne connaissez pas cette herbe précieuse, je vous invite à lire le long article que j’ai écrit à son sujet (il est ici).
En résumé : il s'agit d'une variété de persicaire originaire du Vietnam dont le goût rappelle celui de la coriandre. Un délice !
Ce rau ram se bouture merveilleusement dans l’eau, à une vitesse impressionnante. On peut même… bouturer les boutures.
Il ne faut normalement jamais attendre que les racines atteignent cette longueur avant de rempoter des boutures faites dans l’eau, mais avec le rau ram, aucun problème.
Le basilic se bouture très bien dans l’eau. C’est pratique pour le multiplier : le semis est facile, mais les basilics s’hybrident facilement entre eux. En les bouturant, on conserve exactement les caractéristiques du pied-mère.
J’ai bouturé une variété verte et une variété pourpre, cadeau d’Anne — particulièrement décorative et parfumée.
Tout le monde connaît les tagètes cultivées pour leurs fleurs, mais il existe des variétés remarquables pour leurs qualités aromatiques.
La tagète lucida, surnommée non sans raison estragon mexicain, en fait partie.
On peut la semer très facilement mais j’ai voulu tenter aussi des boutures. C’est une première : on verra bien si ça fonctionne !
Merveilleuse en tisane, mais hélas gélive chez nous.
J’en rachetais un plant chaque année, mais cette fois, je me suis prise un peu plus tôt : deux petites boutures sont déjà rempotées et attendent des jours plus chauds pour retourner au jardin.
J’ai déjà hiverné des poivrons en pots à l’intérieur. C’est facile et cela permet d’obtenir des plants bien avancés au printemps.
Mais souvent, j’y faisais entrer des pucerons qu'il me fallait éliminer laborieusement… et puis, même taillé, un poivron prend de la place.
Cette année, je tente autre chose : bouturer les poivrons pour l’hiver.
Je sais qu’ils se bouturent très bien en été, mais en hiver ? Pour l’instant, je ne vois pas de racines… j’attends. C’est un essai.
Toutes ces boutures ne passeront pas l’hiver dans un verre d’eau, bien sûr.
Il va falloir rempoter à mesure que les racines apparaissent. Aujourd’hui, j’ai déjà rempoté les rau ram et les basilics.
Sauf catastrophe, ces basilics et ce rau ram vont continuer à pousser pendant l’hiver et je pourrai les utiliser en cuisine. Avec un peu de chance, je ferai même une deuxième génération de boutures.
Et vous, vous faites comme ça aussi ou vous avez une autre méthode ?
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