Tout un apéro aux herbes sauvages... du jardin

Publié le par Annick Boidron

Les "herbes sauvages" utilisées pour cet apéro viennent tout simplement du jardin. Je ne les ai jamais plantées ni semées : elles poussent toutes seules, souvent en grande quantité. Je me contente de les récolter. Ne croyez pas que ce soit exceptionnel : il suffit de laisser des zones non entretenues ou peu entretenues dans le jardin pour les voir apparaître.

Tout est une question de point de vue : accepter de laisser des zones moins entretenues dans le jardin permet de garantir la biodiversité et permet de multiples observations. C'est aussi un garde-manger pour de nombreuses espèces, dont la nôtre. Attention toutefois ! dans cette petite zone poussent aussi l'aconit et des digitales : il vaut mieux savoir les reconnaître pour éviter la catastrophe.

Tout est une question de point de vue : accepter de laisser des zones moins entretenues dans le jardin permet de garantir la biodiversité et permet de multiples observations. C'est aussi un garde-manger pour de nombreuses espèces, dont la nôtre. Attention toutefois ! dans cette petite zone poussent aussi l'aconit et des digitales : il vaut mieux savoir les reconnaître pour éviter la catastrophe.

Vin de sorcière à l'égopode

Ceci est une version alcoolisée mais on peut parfaitement remplacer le vin blanc par du jus de pommes. On peut aussi le rendre un plus "costaud" en ajoutant un verre de goutte.

Chez nous, l'égopode pousse à foison et est parfois bien embêtant dans les parterres. Mais ici, en zone ombragée, il forme un beau tapis encore plus joli quand il se couvre d'ombelles blanches.
Chez nous, l'égopode pousse à foison et est parfois bien embêtant dans les parterres. Mais ici, en zone ombragée, il forme un beau tapis encore plus joli quand il se couvre d'ombelles blanches.

Chez nous, l'égopode pousse à foison et est parfois bien embêtant dans les parterres. Mais ici, en zone ombragée, il forme un beau tapis encore plus joli quand il se couvre d'ombelles blanches.

Pour réaliser cette boisson un peu spéciale, il suffit de mixer ensemble de l'égopode (70 gr), deux verres de vin blanc, une orange pelée à vif et un peu de sucre. Laisser reposer au frais puis filtrer dans une étamine.

Un petit aspect "vin de sorcière" que tout le monde n'apprécie pas forcément. Mais croyez moi, son goût original compense largement son aspect un peu rébarbatif (Si on veut un vin vraiment bien vert, il ne faut pas mettre d'orange)

Un petit aspect "vin de sorcière" que tout le monde n'apprécie pas forcément. Mais croyez moi, son goût original compense largement son aspect un peu rébarbatif (Si on veut un vin vraiment bien vert, il ne faut pas mettre d'orange)

Trois petites salades de mozzarella aux herbes

La mozzarella avec son goût... sans trop de goût, laisse la vedette aux ingrédients qu'on lui ajoute. J'ai choisi trois plantes aux goûts très prononcés : la cardamine hirsute, l’alliaire et le lierre terrestre :

La cardamine hirsute est toute petite mais sa saveur est intense ! Cette minuscule chose se ressème un peu partout en projetant ses graines dans toutes les directions. La récolter et la préparer est un travail de bénédictin. Mais pour une mini-salade en apéro, ce n'est pas trop fastidieux.

La cardamine hirsute est toute petite mais sa saveur est intense ! Cette minuscule chose se ressème un peu partout en projetant ses graines dans toutes les directions. La récolter et la préparer est un travail de bénédictin. Mais pour une mini-salade en apéro, ce n'est pas trop fastidieux.

Quand elle est jeune, l'alliaire a des feuilles rondes. On la reconnaît plus facilement quand elle est en fleurs (photo wikipedia-License creative common : Remont, CC BY-SA 4.0). Elle a un goût... d'ail avec une légère pointe d'amertume.
Quand elle est jeune, l'alliaire a des feuilles rondes. On la reconnaît plus facilement quand elle est en fleurs (photo wikipedia-License creative common : Remont, CC BY-SA 4.0). Elle a un goût... d'ail avec une légère pointe d'amertume.

Quand elle est jeune, l'alliaire a des feuilles rondes. On la reconnaît plus facilement quand elle est en fleurs (photo wikipedia-License creative common : Remont, CC BY-SA 4.0). Elle a un goût... d'ail avec une légère pointe d'amertume.

Le lierre terrestre commence aussi à être bien connu par les amateurs de plants "sauvages" comestibles. Il pousse absolument partout et présente d'avantage d'avoir de très jolies petites fleurs bleues.

Le lierre terrestre commence aussi à être bien connu par les amateurs de plants "sauvages" comestibles. Il pousse absolument partout et présente d'avantage d'avoir de très jolies petites fleurs bleues.

La préparation est simplissime : je découpe la mozzarella en petits morceaux. Je mélange les petits dés avec de l'huile d'olive, du sel, du poivre.

Ensuite, je nettoie mes herbes : pour la cardamine hirsute, il vaut mieux enlever les tiges mais on peut laisser les siliques : les fruits qui contiennent les graines. L’alliaire et le lierre terrestre, encore tout jeunes et tendres peuvent tout simplement être émincés et ajoutés tels-quels.

Et hop ! trois petites salades aux goûts originaux, préparées en un rien de temps.
Et hop ! trois petites salades aux goûts originaux, préparées en un rien de temps.
Et hop ! trois petites salades aux goûts originaux, préparées en un rien de temps.

Et hop ! trois petites salades aux goûts originaux, préparées en un rien de temps.

Mini-cakes aux orties et à l'ail des ours

Je n'aime pas mélanger plusieurs plantes très parfumées entre elles. Mais voilà l'exception : l'ail des ours relève subtilement le goût de l'ortie. Ces mini-cakes demandent un peu plus de préparation mais sont tout de même très simples à réaliser.

A partir de quelques bulbes plantés à l'ombre entre la haie et le poulailler, c'est un véritable apis d'ail des ours qui tapisse cette zone du jardin. Je trouve ça très beau et c'est encore plus joli quand elles fleurissent.

A partir de quelques bulbes plantés à l'ombre entre la haie et le poulailler, c'est un véritable apis d'ail des ours qui tapisse cette zone du jardin. Je trouve ça très beau et c'est encore plus joli quand elles fleurissent.

Quant aux orties, j'en "cultive" toujours une grande tache en compagnie des consoudes pour toutes sortes d'usages, tant  culinaires que jardiniers.

Quant aux orties, j'en "cultive" toujours une grande tache en compagnie des consoudes pour toutes sortes d'usages, tant culinaires que jardiniers.

. Pour réaliser les mini-cakes à l'ortie et à l'ail des ours, j'ai utilisé :

  • 50g de feuilles d'orties
  • 50g de feuilles d'ail des ours
  • 20 g de fromage (J'ai choisi un rondin de chèvre pas trop fort, toujours pour ne pas cacher le goût des herbes)
  • 70 gr de farine
  • 1 œuf
  • 100ml de lait
  • 1/3 de sachet de levure chimique (environ g)

La préparation est enfantine :

  • Préchauffer le four à 180°
  • Mélanger l’œuf entier, la farine, la levure chimique et le lait
  • Nettoyer puis émincer tous les autres ingrédients (orties, ail des ours et fromage) puis les ajouter au mélange œufs/farine. Saler et poivrer.
  • Verser dans des petits moules puis faire cuire pendant 20 minutes environ.
Toujours bien laver et nettoyer les "herbes", faut-il le préciser ?

Toujours bien laver et nettoyer les "herbes", faut-il le préciser ?

Ils sont moelleux et délicieux... mais vous devez me croire sur parole ou essayer la recette.

Ils sont moelleux et délicieux... mais vous devez me croire sur parole ou essayer la recette.

Petits veloutés d'épiaire des bois

L'épiaire des bois est sans doute une des plantes comestibles les plus surprenantes. Elle doit absolument être cuite, sinon, son goût est infect ! Mais une fois cuite, elle développe un bon goût de champignon qui rappelle celui des cèpes de Bordeaux.

La recette, une fois de plus,  est toute simple : il suffit de faire revenir un oignon puis des  feuilles d'épiaire (en début de saison, on peut laisser les tiges) dans une cocotte, d'ajouter une pomme de terre coupée en dés. On couvre le tout d'eau. Un peu de sel, du poivre et on laisse cuire doucement pendant une vingtaine de minutes. Enfin on mixe le tout... et on sert.

L'épiaire des bois est encore jeune. Comme elle se consomme cuite, on peut la récolter à un stade plus avancé.

L'épiaire des bois est encore jeune. Comme elle se consomme cuite, on peut la récolter à un stade plus avancé.

Quand on cuisine l'épiaire pour la première fois, on pense : "jamais je n'avalerai ce truc-là". Mais une fois cuite, la saveur change du tout au tout et est bien surprenante.
Quand on cuisine l'épiaire pour la première fois, on pense : "jamais je n'avalerai ce truc-là". Mais une fois cuite, la saveur change du tout au tout et est bien surprenante.

Quand on cuisine l'épiaire pour la première fois, on pense : "jamais je n'avalerai ce truc-là". Mais une fois cuite, la saveur change du tout au tout et est bien surprenante.

J'adore faire ce genre de choses !  Quand j'étais petite, on allait traditionnellement "aux framboises", "aux champignons", "aux noisettes" ou "aux pissenlits". Consommer comme ça des choses que je n'ai ni achetées ni cultivées me procure toujours un sentiment de satisfaction profonde. Aujourd'hui, je ne ramasse plus grand-chose dans "la nature" : l'échinococcose, les traitements divers et le pillage pour les restaurants m'en ont dégoûtée. Mais je retrouve le même plaisir en récoltant les plantes spontanées du jardin. Enfin... celles qui sont comestibles ! Et comme je ne suis pas une spécialiste, je me contente de consommer les plantes que je connais. C'est qu'avec cette mode des plantes sauvages,  il y a des accidents tous les ans. Si, si !

Bon, ben ça va bientôt être l'heure de l'apéro. je vous laisse.

Ah oui, j'ai oublié de vous dire : vous pouvez retrouver, en suivant les liens ci-dessous, les articles que j'ai déjà consacrés à quelques-unes de ces plantes. C'est par ici :

Publié dans Plantes sauvages, Cuisine

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P
Tout cela donne très envie ! J'ai presque toutes ces plantes au jardin, et surement d'autres qui peuvent remplacer les manquante, il va falloir s'y essayer un de ce jour, alors merci pour l'inspiration ! :)
Bises et bon week-end Annick !
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G
Voilà de très jolies recettes, avec des plantes que je connais pour la plupart, mais auxquelles je n'aurais pas pensé... Donc merci, ça va renouveler mon intérêt !
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A
Eh bien, bon appétit, alors !
V
Mon favori est clairement l'ail des ours (c'est aussi le seul sur lequel je n'ai aucun doute à la cueillette). Il est simplement délicieux et la forêt viennoise en est si tapissée que cela sent l'ail partout ;-)
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A
Ah l'ail des ours, il n'y a pourtant pas bien longtemps qu'on l'a (re)découvert ! C'est vrai qu'il est délicieux. Il constitue aussi de bien beaux tapis fleuris quoique éphémères.
N
Super intéressant, grand merci !
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A
MAis de rien, tant mieux si ça vous a intéressé.
F
Bonjour,
Connaissez-vous l'application PlantNet ? Bon, il ne faut peut-être pas lui faire une confiance aveugle pour préparer un buffet de petits fours aux herbes sauvages mais les résultats d'identification sont assez stupéfiants. J'ai pris en photo une photo de votre article sur l'épiaire des bois et le premier résultat donné (53%) est ... Stachys sylvatica ! Dingo, non ?
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A
Oui, je connais plantnet et d'autres applis d'aide à la détermination des plantes. Ce n'est pas mal fait mais tout de même pas sûr à 100%. Si on peut photographier les fleurs, ça va mais si on a seulement du feuillage, il se "plante" (haha) souvent.Cela dit, c'est parfois bluffant !
C
Oh oui, moi aussi j'aimais cueillir selon les saisons. Ah, c'était une belle époque.
Tout cela m'a l'air bien appétissant.
Merci pour vos articles et bonne continuation.
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A
Merci, disons que notre époque a d'autres charmes. On redécouvre un certain nombre de pratiques courantes autrefois et c'est bien passionnant aussi. Bonne journée.
R
Moi aussi, ramasser et consommer ces produits que nous offre la nature me procure un grand plaisir.
Je ne sais pas.... mais ça doit venir de mon enfance, c'est viscéral.
Demain, je me lance dans la réalisation des petits cakes !
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A
J'espère que vous apprécié les petits cakes.
C
Oh que c'est apétissant tout ça! Merci pour ces excellentes idées. Autour de chez moi, tout est encore très sauvage et je n'ai pas à m'inquiéter ni des traitements ni du pillage pour les restaurants (pourvu que ça dure) mais l'échinococcose est un souci. Je ne mange plus de fraises des bois ou de myrtilles sauvages crues pendant mes promenades. Mais comment être sûres que cette maladie n'est pas présente sur les plantes de notre jardin? Le mien est fréquenté par des renards et malheureusement envahi de rats taupiers, qui sont deux porteurs d'après ce que je crois savoir. Si vous avez des informations qui pourraient me rassurer, je suis preneuse!
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A
Pour l'échinococcose, j'y pense aussi souvent, il y a aussi pas mal de renards et autres bestioles potentiellement porteuses qui passent par ici. Notre région est très concernée (30% des renards seraient infectés). Concrètement, il ne faudrait pas manger de salades ni autres légumes crus, ou tout faire pousser à l'abri. Laver soigneusement n'est pas suffisant. Donc, désolée, je n'ai pas d'infos rassurantes à ce sujet. Cependant, selon un article publié en 2009 (!), il n'y aurait eu qu'une quinzaine de cas détectés en Belgique entre 1999 et 2009. (source : https://www.wiv-isp.be/epidemio/epifr/plabfr/echino.HTM#8).
R
Tes muffins me font de l'oeil. Faudra que j'aille à la chasse à (Aie!) l'ours !
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A
Eh bien écoute, on vient de les manger, sans me vanter, ils sont super. Et si tu veux des bulbes d'ail des ours, j'ai ça !