Entre canicule et rongeurs : petits bonheurs et gros déboires au potager
Ça fait un bout de temps que je ne vous ai plus emmenés au potager. Il faut dire que j'y galère pas mal et puis, prendre des photos dans ce méli-mélo de légumes en tous genres, ce n'est pas facile ! En plein soleil, il ne faut même pas y penser.
Mais ce matin, avant même le petit déjeuner, j'ai profité qu'il était encore dans l'ombre pour le photographier.
Vous avez compris ce que je voulais dire par "méli-mélo". Dans ce petit potager, j'aime cultiver les légumes en hauteur, sur toutes sortes de structures... et les laisser vagabonder. C'est un avantage par ce temps sec et chaud : un peu d'ombre ne fait pas de mal... mais ça complique parfois les déplacements.
Malheureusement l'ombre procurée par les légumes les plus hauts n'est pas toujours suffisante. Il suffit d'une heure ou deux de soleil sur des légumes nouvellement repiqués pour qu'ils soient irrémédiablement brûlés. La solution : les filets d'ombrage. Comme ce n'est pas envisageable d'ombrer tout le potager, je me concentre sur quelques petites zones.
Grâce au voile d'ombrage, j'ai réussi à sauver mes celtuces, également appelées "laitues asperges", un légume facile et injustement méconnu que j'aime beaucoup.
Mais le soleil brûlant n'est pas mon seul problème : les rongeurs. Cette année encore, ma récolte de carottes sera... pitoyable ! J'ai pourtant mis toutes les chances de mon côté en émiettant bien la terre, en arrosant consciencieusement les semis. J'ai même fabriqué, en céramique, un piège pour les mouches de la carotte.
Eh bien, l'ennemi n'est pas venu du ciel mais... du sol : les rats-taupiers (campagnols terrestres) et autres rongeurs m'ont pratiquement tout ratiboisé !
Pour en finir avec les désastres, regardez ce qu'ils ont fait à mes délicieuses capucines tubéreuses. Heureusement, il m'en reste un pied... resté tout petit. J'espère tout de même sauver quelques tubercules pour les replanter (dans un grillage) l'année prochaine.
Ce qui va bien c'est mon pied de courgette sur tuteur. Enfin... celui qui a survécu.
Peut être avez-vous remarqué le deuxième tuteur juste à côté : là aussi poussait un opulent pied de courgette. Un matin, je l'ai retrouvé tout flasque et... sans racines. Encore un coup des rongeurs !
Parmi les légumes qui vont bien : les tomatillos. J'ai abandonné la variété Queen of Malinalco essayée l'année passée: ces tomatillos qui ressemblent à des poivrons sont vraiment trop fades. J'en suis revenue à mes préférés, les tomatillos verde : acidulés, parfumés, fermes, ce sont les meilleurs (attention, il faut les cueillir tant qu'ils sont verts sans attendre qu'ils deviennent jaunes, sinon, ils sont farineux).
Quant aux haricots secs, dont j'aime faire une petite provision pour l'hiver, j'ai bien cru qu'ils ne produiraient jamais.
Croisons les doigts, ils ont l'air de se rattraper. Sur la photo c'est la variété "d'Echenans", au goût de chataigne : délicieux ! Je serais bien triste de ne pas en récolter cette année. (merci Pascale qui me l'a fait découvrir).
Tiens... une petite surprise ! Vous vous souvenez des ignames de Chine que j'avais plantées l'année passée (sinon, c'est ici). A l'automne, quand j'ai voulu les retirer de terre pour les mettre à l'abri pendant l'hiver, je ne les ai plus retrouvées. Et ce printemps, j'ai semé des pois. Et qu’est-ce que j’ai trouvé en train de pousser dans les pois ? Deux ignames (il y en avait trois).
Certes, les plants ne sont pas vigoureux mais ils ont survécu et maintenant que je les ai retrouvés, je vais les soigner un peu plus. Petit à petit, ils devraient s'étoffer enfin... si les rongeurs ardennais ne prennent pas goût aux tubercules africains... mais hélas, je crains bien qu'ils ne s'arrêtent pas à ces considérations.
Au centre du potager, sur un support en fer forgé, j'ai planté cette année une chayotte, un cyclanthère et un plant de tomates "Matt's wild cherry". Tous les trois se développent merveilleusement.
Les amarantes, qui se ressèment un peu partout pour mon plus grand bonheur, passent au travers de la végétation.
Bien sûr, il y a d'autres légumes dans le potager, je ne vous ai donné ici qu'un petit aperçu. Nous reviendrons sur quelques nouvelles originalités.
Malgré tout il est bien moins garni que d'habitude. Outre la chaleur, la sécheresse, le soleil brûlant et les rongeurs de toutes sortes, je manque de matière organique pour recouvrir le sol : on ne tond plus depuis belle lurette, et c'est encore trop tôt pour tailler les haies et faire du brf.
Résultat, le sol est parfois à nu et ça, ce n'est pas bon. Difficile, donc, de faire de nouveaux semis ou de repiquer de jeunes plants.
Alors j'attends...
Il y a tout de même un point positif... On n'a pas de limaces !